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May 15 MATTHIEU A LUI TOUT SEUL !Comme tous les ans, le Festival "les femmes s'en mêlent" est l'occasion de faire des découvertes, ce qui explique que la Maroquinerie ait encore fait le plein ou presque ce soir.
Pour débuter la soirée, un trio (2 filles, 1 gars) se présentent sur scène : Fatale arrive avec une petite réputation de groupe prometteur... et on est très vite fixé sur les influences du combo : la musique, les chorégraphies, tout indique que l'électro-punk du Tigre est leur musique de chevet ! La différence, de taille, avec les Américaines est l'absence de vidéos, et surtout le fait que seules les voix ne sont pas sur la bande-son... rien n'est joué, pas le moindre petit riff de guitare à se mettre sous la dent, ça rend un peu vaine cette prestation, qui ne restera donc qu'un moment sympa (avec une notable et hallucinante reprise du add it up des Violent Femmes), mais sans beaucoup plus marquer les esprits...
Il y a deux ans, ils étaient trois sur scène, et le souvenir de leur première partie de The Go ! Team était pour le moins mitigé, mais il faut avouer que ce soir, le duo de Pravda a démontré des progrès flagrants et quasi-inimaginables à l'époque ! On est là aussi dans l'électro-rock, avec l'emblématique Sue à la basse (et au clavier) et son compagnon à la guitare, l'essentiel des rythmiques émergeant là encore de l'ordinateur... mais comme la belle se met à sourire (une rareté, même dans ses projets parallèles), que le contact avec le public commence à être intéressant, que les morceaux ont une pêche qui s'accorde bien avec le côté cheap de la musique, le concert devient assez intéressant, et ce ne sont pas les reprises qui vont gâcher cette impression, bien au contraire ! Le choix et l'interprétation des deux covers (ace of spades de Motörhead et i need des Buzzcocks) font que les progrès du groupe incitent à vouloir miser beaucoup pour l'avenir, si Sue ne prend pas froid bien évidemment...
En ce soir de triomphe nancéen, c'est une Argentine exilée en Lorraine qui semait l'interrogation : comment Mona Soyoc envisage-t-elle sa vie post-Kas Product ? Le bruit courait qu'elle envisageait un concert acoustique, on est très vite rassuré : une bonne vieille guitare électrique à la main, et un ordinateur à côté pour le reste de la musique, la toujours aussi classieuse sud-américaine entame le set par une chanson a capella qui pourrait donner des complexes à bon nombre de chanteuses, puis vient très vite dans un genre d'électro qui ne peut que rappeler son mythique groupe ! Si avec Spatsz l'option était assez cold, elle est ici un peu plus rock, et en dépit de quelques morceaux un peu plus faibles, on peut penser que l'album qui ne peut manquer de se dessiner bientôt (que des morceaux inédits, pas un seul morceau 'historique' !) sera une bonne surprise !
Le public était visiblement surtout venu pour le dernier groupe, un duo (belge ?) nommé Sold Out, avec une chanteuse et un bidouilleur... Ici, tout est joué sur scène, mais comme il ne s'agit que de synthés et boites à rythmes, l'électro-pop censée être jouée (d'après les flyers) dérive très vite en électro pure, puis rapidement encore en bouillie technoïde vite indigeste ! La salle se transforme alors en dancefloor, ce qui incite une partie du public à écourter la prestation... ça se comprend assez !
Pas question d'arriver en retard au Sentier des Halles ce soir, sous peine de rater le début de la soirée sous le signe du "K.O. social", qui commence à l'heure : les absents et retardataires auront eu bien tort !
Comme il y a un mois au Lavoir Moderne, et donc en opposition avec la prestation de la Maroquinerie de l'automne dernier, Mell n'est accompagnée que de son trompettiste Edd, et ne s'autorise que ses trois guitares sèches (dont une minuscule, et une classique aux cordes fragiles) pour accompagner ses chansons... Bonne surprise, la set-list est différente, les enchaînements aussi, il y a également des variations musicales, bref les concerts de la donzelle évoluent avec le temps, et c'est à cela qu'on voit que des artistes sont faits pour la scène ! Pendant une grosse cinquantaine de minutes, on a droit à des morceaux des deux premiers albums, pas nécessairement les plus évidents d'ailleurs (pas de pleure ou le trottoir d'en face par exemple...), plus des morceaux encore inédits (déjà expérimentés lors des prestations précédentes tout de même), et le public plutôt froid au début finit par accrocher aux textes ravageurs et aux petites musiques entêtantes, tout en frisant parfois avec le n'importe nawak (le texte en anglais est un modèle du genre !), et c'est donc avec une belle banane que cette première partie s'achève.
L'intermède de la soirée est assuré par des représentants du Gisti, qui viennent nous présenter l'innommable réforme du nabot de Neuilly concernant la situation des étrangers en France... n'hésitez pas à signer la pétition sur www.contreimmigrationjetable.org !
La suite est plus difficile : Éric Lareine, accompagné de la Campagnie des musiques à ouïr, a visiblement rameuté tous ses fans dans la salle... Car l'enthousiasme général ne peut que laisser perplexe : globalement c'est du jazz, ce qui permet aux onanistes musiciens de s'amuser avec leurs instruments, et l'univers du chanteur est assez particulier... Si les deux premiers morceaux se laissent écouter, évoquant Cassius Clay (on pense fortement à Lavilliers) et James Brown (en beaucoup moins bien, malheureusement !), la suite rappelle plus souvent un Nougaro qui aurait été mal entouré, ou un Higelin version "Crabouif", ce qui était rigolo à l'époque mais semble au minimum démodé 35 ans après ! Bref, il vaut mieux entendre ça que d'être sourd, mais on se pose quand même la question ! Et c'est long, long... il faut bien une Guinness et un oeuf pour s'en remettre !
Du rock encore ce soir, où la Maroquinerie a pris le temps mais s'est finalement bien remplie, d'une foule qui en a profité pour bien se vider les oreilles...
Couleurs léopard pour les cinq membres des Hellboys, qui nous proposent un rock garage d'assez bonne facture, tout en ayant quelques défauts notables : un orgue (faute de goût, et inutile en sus), un guitariste branché hard-rock (ouais, le solo, ça reste assez peu punk, à mon sens), et un chanteur qui passe son temps à haranguer la foule ("approchez", "chantez", "tapez dans les mains", "le public provincial est plus chaud", ce genre d'âneries) plutôt qu'à enchaîner les morceaux... Le pire, c'est qu'en dépit de tout ceci, ça reste pas mal, mais on sent qu'ils ne font pas toujours nécessairement les meilleurs choix !
La suite, c'est un genre de retour vers le futur : un alignement de cinq musiciens (batterie, basse et 3 (!) guitares), qui nous jouent un revival 80's, avec voix aiguës, rythmique discoïde, chorégraphies cheap, et des chansons qui oscillent entre simili-Adam Ant ou Flesh for Lulu (pour le meilleur) et pop-rock option hard FM pour le pire... On peut accorder aux Belges le bénéfice d'un côté sympa, de quelques instants mélodiques recherchés, mais dans l'ensemble ça ne suscite guère l'enthousiasme (sauf au dixième degré)... ça tombe bien, leur nom n'apparaît nulle part (non, ce n'est pas Nikki & the Corvettes...), comme ça on pourra les revoir par hasard et vérifier s'ils ont de nouvelles chorégraphies !
Quand on pense musique rock au Japon, les références sont assez limitées : Guitar Wolf, Thee Michelle Gun Elephant, 5-6-7-8, voire Pearl Harbor pour les anciens... La rumeur veut que la nouvelle attraction soit le quatuor présent ce soir ! Les 54 Nude Honeys sont tous de plastique et de cuir noir court vêtus, de l'androgyne batteur en robe à la bassiste en culotte, et font dans le classique : du garage rock, avec option punk ou hardcore par moments, et une chanteuse à la voix stridente qui se démène sur scène, la guitariste faisant un gros boulot également... Bien sûr, elles n'inventent rien, mais l'énergie déployée et la bonne volonté affichée (le batteur gardera la banane tout le set !) compensent le manque d'ambition, et si le CD semble superflu, on peut rester sur l'idée que c'est un bon groupe de scène... tout ce qu'on lui demandait ce soir !
Il s'agit de trouver de la place ce soir, puisque "L'un et l'autre café" est très vite bondé... un concert gratuit le vendredi soir, avec une bière peu onéreuse, ça peut faire recette !
A l'affiche, les (et la) France Cartigny nous proposent de nouveaux morceaux inédits ou rares (vive le vent), des nouveaux morceaux connus (clint eastwood) et des morceaux classiques revisités, sur lesquels Daniel et Sylvain s'amusent et brodent pas mal, pendant que France, coincée derrière sa Cocktail, chante, tient le rythme, oublie parfois les paroles, tient l'auditoire en haleine... le concert se tient en trois parties, à peu près distinctes, et si la batterie est plus présente qu'à la Flèche d'or, on a droit à LA chanson avec France à la guitare sèche (mieux qu'au Rallye Tournelle selon le public)... à quand les deux morceaux à la guitare ?? Nos deux guitaristes continuent de bien s'amuser sur scène, les paroles sont bien compréhensibles l'essentiel du temps, on a droit à un inoubliable changement de t-shirt au milieu du set (il fallait être devant, messieurs-dames !), et seul le couvre-feu empêche le concert de dépasser les 22h10... c'est toujours trop court !
Sans doute y aura-t-il plus de temps le 24 juin à l'Olympic...
Les tests continuent, et comme souvent c'est à la Boule Noire que ça se passe... La salle est bien remplie, les trentenaires se comptent sur les doigts d'une main, la majorité du public est féminine : ça rappelle des souvenirs pas très bons...
Venus d'Aix-en-Provence, les Fickle sont conscients de l'assistance : le quintet ne se prend pas la tête, ne se la pète pas non plus, et désamorce à sa façon la rafale de cris bruéliques en posant les bonnes questions ("qui a plus de 16 ans ici ?", "qui connaît les Ramones ici ?"...). Au programme, du punk-rock mélodique très américain, qui n'invente rien mais se laisse bien écouter, avec un bassiste un peu envahissant, un chanteur à chemise rouge du plus bel effet (ça évite de parler de sa voix...), deux guitaristes très zen et un batteur qui ne laisse pas sa part au chien... C'est parfois bordélique, parfois (involontairement) très drôle (le chanteur fait un joli plat en tentant de slammer sur la foule de petites filles placées juste devant la scène, mais il retentera tout de même l'expérience en fin de set !), occasionnellement énervant (la reprise de blitzkrieg bop serait pas mal si les paroles n'étaient traduites sans force et sans âme !), mais dans l'ensemble ça reste une première partie honnête, qui ne fera pas se relever la nuit mais qu'on ne jettera pas avec l'eau du bain...
A ouïr les cris extatiques autant qu'énamourés qui ponctuent chaque geste du chanteur de Panic at the Disco, on comprend qu'on vient de tomber dans un piège ! Si les premiers morceaux sont un genre de pop-rock assez ciblé RFM, et ne dérangent donc guère les oreilles, cela se corse lorsque le chanteur s'installe derrière son piano... La révélation est soudaine : ces quatre mignons veulent recréer le mythe de Queen, et ils font tout pour nous faire croire qu'ils en sont capables, mais ils ont des légers handicaps : le chanteur n'a qu'une voix passable (on peut reconnaître quand même que Mercury avait un talent vocal certain), les musiciens jouent sans beaucoup de talent, et les mélodies ne sont entêtantes que pour les enfants... On a donc droit à une vraie bonne grosse dose de soupe, avec une reprise supposée de Robbie Williams (le bon goût persiste !), et la fin du concert est un vrai soulagement ! Au final, on peut penser que l'alternative est simple : au mieux (pour eux) ils deviennent un genre de Duran Duran qui aura sa cohorte de petites filles à chaque concert, au mieux (pour nous) on n'entend plus parler d'eux dans 3 mois...
On croit se retrouver 40 ans en arrière lorsque les Shades envahissent la scène de la Maroquinerie ce soir : les cinq sont tout de blanc vêtus, bien propres sur eux, et on se demande s'ils ne vont pas reprendre les Herman's Hermits tant ils semblent prêts à tout pour se faire de la publicité... Bon, ils sont loin de Franck Alamo(quand même !), mais on ne peut pas dire qu'ils soient aussi évolués que leur mentor JW Thoury pourrait l'espérer : on est à des années -lumières de Bijou ! La musique est d'une platitude rock à la française des 60's, les paroles sont pseudo-ésotériques à la mords-moi-l'amas-tissulaire-globuleux, le clavier est près de pleurer quand il s'aperçoit qu'il a des problèmes de retour... C'est chiantissime, ça fait partie des groupes fétiches de Rock&Folk, ça promet pour les premières parties des Wampas et des Stooges !
Le rock portugais reste assez confidentiel (Legendary Tiger Man, je crois, mais après ?), mais les choses pourraient bien changer ! Car ce soir, Wraygunn nous a prouvé qu'il fallait écouter ce qu'il se passe chez les Lusitaniens... Ils sont sept, un percussionniste, un bassiste, un chanteur-guitariste, un claviériste-scratcheur (qui finira bien imbibé et totalement nu), un batteur et deux admirables chanteuses, autant dire qu'ils prennent de la place ! Et on comprend assez vite où ils veulent nous emmener : ça commence très soul, et ça accélère très rock, avec des voix variées, des rythmes variés, des sons variés... Les influences sont à la fois très Stax (reprise du i've been lovin' you too long), très rock (reprise du you really got me des Kinks), en ajoutant du blues option bayou... on pense aux Cramps, au Gun Club, bref ça bouge bien, et le groupe semble autant s'amuser que le public ! Quand on saura que le concert se termine sur une admirable version du my generation des Who qui laisse chacun pantelant, on pourra estimer que les quelques manques entrevus en cours de set n'étaient que pinaillage, et ce concert permet d'oublier la malencontreuse soirée de mardi !
Comment croire que le Point Éphémère serait complet en ce samedi soir de long week-end, alors que l'affiche ne comporte que des inconnus ? La pluie a dû inciter du monde à rechercher le bruit...
Ca commence par un trio : une guitare, un clavier, un micro, dans lequel le préposé ne chante pas, mais en alternance hurle et parle, sans que l'une ou l'autre forme de communication ne s'avère intelligible, d'autant que les textes sont essentiellement en anglais et qu'il mange le micro quand il s'en sert... La musique de Cheveu est bruitiste, assez incohérente, et si elle plaît à une partie des jeunes présents, c'est qu'ils n'ont pas connu les groupes innovants il y a vingt-cinq ans... Autant dire que si ce n'est pas nécessairement insupportable, ça manque surtout du moindre intérêt, et c'est plus de la musique prétentieuse qu'autre chose !
La suite change du tout au tout : Crash Normal est un quintet, qui joue un genre de rock-garage plutôt sympa, avec un chanteur qui laisse souvent la place à son acolyte féminine énervée, et si on regrette (évidemment !) de trop entendre le clavier, l'ensemble est bien efficace, et permet d'oublier le premier groupe, ce qui est vraiment appréciable !
Grosse déception que la venue de Volt sur scène : si le trio est gentil (je devais contractuellement le dire...), leur électro-rock n'est que très rarement attirant ! La tigresse à guitare ne parvient pas à faire entendre sa voix, le chanteur en titre encore moins, et le clavier nous fait parfois régresser jusqu'à une new-wave putassière de mauvais aloi... Même les DJs entre les groupes étaient plus intéressants !
On termine par un petite dose d'Intelligence, qui est un quartet bien rock : une vraie batterie, deux guitares, une basse, et une musique à l'avenant... Avec la drôle de voix du chanteur, qui rappelle étonnamment celle de Mark e. Smith, on pense aux deux premiers albums des Fall, en légèrement plus énervés, et on regrette encore plus d'avoir dû se fader les premières parties ! La bonne nouvelle, c'est qu'on quitte la salle sur une bonne note... bien calculé donc !
Grosse affluence ce soir au Zénith, avec prépondérance des anciens, connus (Berroyer, Rego, Manoeuvre...) ou simple fans de quelque heure que ce soit... Le tarif (42 euros) n'a pas réussi à rebuter tout le monde !
J'ai beau lire Rock&Folk, il y a un certain nombre de choses que je ne comprends pas dans le magazine : l'adulation dont le pitoyable Eudeline fait l'objet en fait partie, et la volonté de pousser de jeunes groupes loin d'être intéressants également... Car si les Brats n'avaient pas été imposés ce soir, il n'y aurait pas eu grand monde pour venir les chercher ! Explications ? Le trio réussit tout au long du set à : 1. perdre le rythme 2. jouer faux 3. n'avoir aucune mélodie 4. avoir un "chanteur" qui chante faux (on en connaît d'autres, je sais...) 5. avoir un chanteur qui hurle pour se faire entendre 6. avoir un chanteur qui ne se fait pas comprendre 7. avoir un chanteur qui rate le micro une fois sur deux (remarquez, ça nous évite de l'entendre...) 8. avoir un guitariste qui nous propose des solos sans doute piqués à un concours de "air guitar" 9. snober le public, en laissant clairement entendre qu'il ne mérite pas le groupe... Même le 21 juin on trouve rarement autant de médiocrité réunie... Bref, je peux le dire, j'ai enfin trouvé LE groupe pire que René Binamé, messieurs-dames ce soir nous avons eu droit à la purge du siècle !
Heureusement que la suite permet d'oublier cette affreuse chose : arrivé torse nu et chaud-bouillant, Iggy, accompagné de ses Stooges, est là pour tout remettre à plat... Les frères Asheton sont à la fois calmes et diaboliquement efficaces, Ron sortant des sons inouïs de sa guitare et Scott assurant tel un métronome derrière ses fûts, Mike Watt est un bassiste d'une lourdeur hyper appréciable, et Steve McKay utilise son saxophone tel une guitare... un groupe monstrueux, avec un son tout à fait correct, ce qui est à noter ici ! Pendant ce temps, Iggy Pop est fidèle à lui-même : le boiteux magnifique ne cesse de gesticuler, de haranguer le public, de sauter dans la fosse, de sautiller... une vraie pile électrique, dont on a du mal à imaginer qu'il frise la soixantaine ! Bien sûr, la set-list ressemble au festival de l'été dernier, puisque le groupe n'a sorti que 3 albums, et qu'il renie le dernier... Mais quand les deux premiers albums incluent des tubes tels que 1969, i wanna be your dog, 1970, tv eye ou no fun, on peut oublier search & destroy, non ? En ajoutant un morceau de "skull ring", on se retrouve avec 75 minutes très denses, et si on aurait bien aimé faire durer le plaisir, on se dit qu'on vient de passer un rare moment !
Match retour concernant les groupes Rock&Folk ce soir au Zénith : il y avait un sacré déficit à rattraper après la prestation désastreuse des Brats lundi !
Visiblement, l'horaire prévu a été anticipé, puisque les Second Sex ne seront vus et entendus qu'un petit 1/4 d'heure... Il faut bien avouer qu'en six mois, ils ont fait des progrès étonnants ! Le rock'n'roll assez classique du quatuor est plutôt efficace, et les (très !) jeunes gens ont compris qu'il vaut mieux miser sur une bonne musique que sur une bonne attitude... On a donc droit à de vrais et bons morceaux, et il y a peu de poses arrogantes, les enchaînements sont assez réussis, bref c'est un groupe à suivre s'il continue sur cette piste !
En ce qui concerne les Naast, on peut être plus dubitatifs... Le quatuor a remplacé la basse de leurs jeunes collègues par un orgue, et si on a droit à de gentils morceaux, ça frise parfois la bouillie indigeste, et surtout leur rock plutôt psychédélique me fait immanquablement penser à "Amicalement vôtre"... De la musique de série donc, chantée (et réellement articulée) en français, mais l'essentiel du groupe n'est-il pas le cuir à moumoute du chanteur ? Ca reste décevant, et leur départ est largement apprécié...
Arrivés sur scène avec les bottes rouges en version reggae, les cinq Wampas entament les hostilités avec un ce soir c'est noël bien troussé, et vont ensuite alterner titres récents et classiques avec un bonheur égal, de tokyo yaki à rimini en passant par oï, les îles au soleil ou chocorêve (version accélérée), les deux tubes manu chao et chirac en prison déchaînant plus encore la foule amassée dans la fosse... Les problèmes techniques ne font qu'exciter Didier, qui en fracasse sa guitare de rage, mais rien ne peut entamer sa dose de folie : ni la difficulté à tenir debout sur une chaise portée par les spectateurs (ce sera ensuite sur un genre de baril), ni les pincements mal placés lors des slams ne peuvent l'arrêter ! S'il se pose une question essentielle ("que faire d'inédit pour ce concert particulier ?"), il remontera jusqu'en haut des gradins sur kiss, puis reviendra dans la fosse pour faire asseoir tout le monde sur vie, mort et résurrection d'un papillon... Quand on ajoute un duo avec un kévin sur j'ai avalé une mouche, et une bonne centaine de demoiselles sur scène pour le mix où sont les femmes/petite fille, on arrive au bout d'1h50 avec la certitude que chacun de leur concert est excellent, et qu'ils sont encore loin d'être un groupe "qu'on a déjà vu"... il faut continuer à aller les voir ! Seul bémol : les plus beaux t-shirts ne se font qu'en taille fille, snif...
Petite assistance ce soir à la Guinguette Pirate, mais l'ambiance est assurée par les spectateurs très motivés...
Le set de Marousse se déroule en deux parties, alternant morceaux du nouvel album "qui peut sauver la reine ?" et morceaux plus anciens (essentiellement issus du précédent "hara-kiri"), dans une alternance de rock, de ska, de reggae, de morceaux plus calmes... Le nouveau guitariste assure pas mal, même s'il doit avoir un background plutôt métallique, le clavier d'Arto n'est même pas énervant, et la toujours sculpturale Marina a conservé une présence scénique assez impressionnante : une pêche d'enfer, une volonté de faire participer le public (elle recrutera d'ailleurs ses futures choristes dans la salle), mais aussi (surtout ?) des capacités vocales bluffantes !
Si le dernier album surprend par son tempo général plus lent, les morceaux passent dans l'ensemble bien le cap de la scène, et la péniche n'est pas uniquement en mouvement par les vagues, mais également par le public en train de danser...
Les (habituelles) reprises sont étonnantes : emmenez-moi ferait ressusciter Aznavour (ah bon, il n'est pas mort ?), pour un flirt rendrait presque Delpech honorable, et respect est un bel hommage reggae à la précarité de la condition féminine... Bref, un bon concert, et dès qu'ils rejouent à Paris j'y retourne !
La Guinguette Pirate était bien plus remplie qu'hier soir, avec une bonne proportion de petit-bourgeois en train de faire la noce, et une représentation féminine largement au-dessus de la moyenne, sans d'ailleurs voir un lien entre les deux...
En vingt ans, les Ricky Amigos sont passés du flamenco-rock à l'hispano-rock, en ayant une forte tendance à omettre la deuxième partie : le trio (basse-percussions-guitare) fait plutôt dans les musiques latines, du flamenco à la rumba, en passant par les sons très gypsy omniprésents... autant le dire tout de suite, j'attendais un concert un peu plus musclé ! Pendant plus de deux heures, il y a alternance de morceaux du dernier album et d'albums plus anciens, en remontant aux classiques du début "loco loquito", tels luis fernando, loco loquito ou cobarde... S'y ajoutent un certain nombre de reprises, parmi lesquelles un (très long) tequila, et deux superbes versions de toulouse et le cinéma (de Nougaro), et une période du concert qui se transforme en cours de danse, en testant le madison, le rock, la rumba et la valse... la Guinguette mérite alors bien son nom, on a presque l'impression d'être à un bal où le public commande les morceaux (un anniversaire, une reprise...), et c'est donc dans cette drôle d'ambiance que tout se termine... Bref, c'était un concert sympa, même si je ne le renouvellerai pas trop régulièrement...
maTThieu BrUn ! April 16 AloRs cE cOnceRt ?C'est jeudi, pendant les vacances, ce qui doit expliquer que la Flèche d'Or ne soit pas remplie d'étudiants... ou bien ils rattrapent les cours manqués pour cépéite ??
C'est donc devant une assistance bien clairsemée que les Loene Carmen entament leur show, qui aurait pourtant mérité bien des encouragements ! Car le quintet (deux guitaristes, dont l'une chante, un batteur, et deux barbus qui s'échangent le violon et la mini-guitare à quatre cordes) nous jouent un genre de blues rock à la Hugo Race, agrémenté de fulgurances rappelant les Bad Seeds ou Die Haut, voire même parfois PJ Harvey ou encore le Velvet (selon certains, je suis peu connaisseur...), et si les premiers morceaux sont plutôt longuets, l'ensemble se laisse tout à fait apprécier, et on peut pour une fois remarquer positivement Warren Ellis, accompagnateur habituel de Nick Cave et base de Dirty Three, qui en n'en faisant pas trop laisse la musique de ses acolytes prendre superbement le dessus !
La salle s'est bien remplie lorsque le trio de France Cartigny commence son set, après de longues minutes d'attente suite à un problème technique ou à l'endormissement de l'ingé-son... En nous offrant un bon nombre de morceaux récents, qui devraient figurer sur leur futur nouvel album, et même un morceau tout neuf, accompagnés de classiques encore renouvelés dans leur texture, le public a tendance à bien accrocher, l'alternance de France entre la station debout derrière la Cocktail et debout à gesticuler comme jamais derrière le micro ne pouvant laisser indifférent ! La complicité reste bien évidemment de mise au sein du groupe, et la qualité médiocre de l'acoustique est balayée par l'enthousiasme du trio... Ceux qui ont raté cette prestation auront une possibilité de réparer ce manque le 28 avril...
La troisième manche de la soirée est un OVNI : Dawn Landes est seule avec sa guitare, utilisant à foison les boucles, avec parfois des rythmes pré-enregistrés, et ce folk rock peut tour à tour intéresser, beaucoup lorsque cela se rapproche d'une Sinéad, ou lasser lorsqu'on sombre dans la ballade country de ixième zone... On traverse encore une dimension lorsque France est invitée à venir aider sur trois morceaux, puisque l'impro est assez risquée, que le Korg a décidément toujours autant de difficultés à être auditivement supportable, et que la damoiselle en rajoute encore dans son trip total barré, alternant les private jokes, les rires pour elle seule, la chanson en français qui commence difficilement et se termine en eau de boudin... heureusement qu'elle ne semble pas se prendre au sérieux, car ce qui serait alors totale arrogance n'est ici que folie douce, et que les sourires ne cessent de fleurir sur les visages tout au long du set...
Matthieu BRUN
LOENE CARMEN est un bon groupe. Du moins les musiciens ont de la bouteille, surtout les violonistes. Mais voilà, le succès qu'ils ont remporté ce soir là me semble plus dû à la présence d'un musicien de Nick Cave qu'à une réelle qualité musicale dans le sens originalité. Une pop sixties éthérée qui ressemble étrangement au Velvet Underground et consorts, peut-être l'effet violon et guitares distordues. Là le Lou Reed de service est une jeune femme à la voix frêle qui ne porte pas au delà des premiers rangs. Entourée d'une guitariste lookée à la Poison Ivy qui semble perdue sur son manche et qui loupe la plupart des accords. Entre deux baillements je navigue dans la salle aussi décalé que cette prestation.
Quand les France Cartigny prennent place, il faut attendre quelques minutes de réglages de micro qui hélàs ne sera réglé que partiellement tout au long du set. Heureusement que France change de place pour rejoindre le front de scène avec un micro adapté et balance quelques titres uniquement accompagnés de la guitare de Daniel et la basse de Sylvain. C'est nouveau et si la performance est interessante, la frappe manque parfois surtout sur des titres comme Clint Eastwood où Daniel et Nicole. France donc oublie sa batterie pour se livrer un à jeu de scène dont les grands performers ne seraient pas peu fiers. Elle est à l'aise la chti et cette nouvelle position habille une prestation enlevée et bon enfant. Malgré les efforts de rénovation accoustique de la flèche d'or, le son à tendance à se cogner contre les parois de l'ancienne gare parisienne et il faut être un bon connaisseur du groupe pour essayer de comprendre ces mots qui cognent au coeur et souvent au cul. Les France Cartigny sont en pleine mutation et expérimentation et leur démarche laisse deviner un grand talent dont on n'a pas fini de parler. A voir et à revoir absolumment.
DAWN LAND est une chanteuse guitariste sèche qui utilise les samples et les boucles à la manière d'un Dominique A ou d'une Camille mais en moins habitée. Elle est tout sourire et sa timidité fait son charme. De belles compos avec des effets techniques qui propulsent un folk assez classique dans la lignée de Suzanne Vega avec un timbre qui rappelle une PJ Harvey sous tranxène. C'est sympathique et assez poétique. Un grand moment quand France Cartigny la rejoint pour deux titres en finish.
Markimoon
Le Zénith ne restait pas un grand souvenir, puisque ma précédente (et unique) visite (pour Paul Personne) laissait un goût de mauvais son, de basses omniprésentes et d'une première partie lamentable (Manu Lanvin, pour dire clairement les choses).
Ce soir, le public est bien différent, puisque le corbeau est de sortie, accompagné ça et là de quelques punks ou rockers, mais dans l'ensemble le noir est de rigueur...
Un groupe français a les honneurs de la première partie, mais on est très vite fixé : un premier morceau aux faux airs de Depeche Mode, qui se transforme rapidement en sous-Oomph ! (pas vraiment de rythme, un chanteur loin des possibilités de Dero...), avec des guitares de type Killing Joke... n'en jetez plus, la coupe est pleine ! C'est bien beau d'avoir des influences, mais un peu de personnalité serait appréciée ! D'autant que parfois on verse dans une mièvrerie de type U2, et que la seule chanson en français fait regretter de comprendre les paroles... Bref, Nihil, ça ne vaut pas encore grand-chose !
Les rumeurs les plus diverses accompagnent les constats les plus réels concernant The Sisters of Mercy... au révélateur de la prestation de ce soir, voici ce qu'on peut en dire :
* Ils ne sont jamais venus en France (vrai, c'est une grande première)
* Andrew Eldritch déteste la France (possible, vu le peu de contacts qu'il tentera d'établir avec le public)
* Sa voix est inaudible en concert (globalement vrai)
* Doktor Avalanche est le principal instrument du groupe (vrai, c'est la boîte à rythmes...)
* La basse suit de très peu (vrai, on en tremble encore, et on cherche parfois les parties de guitare...)
* La mise en scène est théâtrale (vrai, un épais brouillard de fumée restera de façon quasi-permanente sur la scène, ce qui permet d'envisager que toutes les photos prises sont à jeter...)
* Les musiciens sont en CNE (probable, seul Andrew est assuré de rester plus de deux jours de suite... il est les Sisters !)
Partant de là, vous pourriez croire que c'est une déception ? Eh bien, loin de là, surmontant tous ces a priori, on a droit à une grosse prestation, avec des morceaux discographiquement inédits (mais crash & burn, we are the same, suzanne, ou romeo down sont connus de tous, car le fan est adepte des bootlegs !), des relectures des classiques (alice, un temple of love bien rythmé, lucretia bien amputé, dominion/mother russia de très haute qualité...), un medley bien ficelé doctor jeep/detonation boulevard, de jolies interprétations (something fast ou i was wrong en quasi-acoustique) bien pêchues (ribbons ou this corrosion)...
Tout ça pour dire que les 80 minutes passent bien trop vite, et qu'on aimerait bien ne pas devoir attendre encore 26 ans la prochaine venue en France...
Matthieu BRUN
Bonne affluence ce soir au Trabendo, ce qui prouve que Paris ne s'est pas totalement vidé en ce week-end ové.
Venu d'Amsterdam, le trio imprononçable de Voicst nous propose un rock'n'roll bien sympathique, avec un batteur qui pourrait se recycler en animal de plage arrière tant il est incapable de demeurer en place... On est dans une veine Hives/International Noise, avec parfois une tendance Tokyo Sex Destruction, voire même quelques influences stoniennes (?), bref c'est du classique, mais on ne va pas s'en plaindre quand c'est aussi bien fait !
L'appréhension me saisit dès que les Tokyo Dragons arrivent sur scène : sincèrement, peut-on avoir confiance dans un groupe dont un guitariste arbore un t-shirt Lynyrd Skynyrd ? La suite prouve bien que non... Pour ceux qui sont inconditionnels de Spinal Tap, ça peut être rigolo (voir le clone d'Axl Rose, avec cheveux longs blonds décolorés et bandeau dans les cheveux...), mais pour le vulgum pecus, on traduira ça par "du hard-rock à l'ancienne" ! Bien sûr, parfois ça fait penser à du Dogs d'Amour, ou à du Trust, mais dans l'ensemble c'est bien poussif, avec des soli à crever d'ennui, un chanteur qui fait durer la souffrance en nous racontant sa vie entre les morceaux... Y a pas, les hardeux sont rigolos à voir, mais toujours insupportables à entendre !
En provenance du Canada, mais avec une fan-base implantée en Europe, le trio Danko Jones remonte rapidement le niveau ! Là encore, on a droit à du rock'n'roll tendance suédoise, avec parfois des incursions dans le punk ou le hardcore, mais c'est fait avec une énergie décapante, et l'essentiel tient dans les morceaux de moins de 3 minutes... Bien sûr, on peut trouver que Danko est légèrement mégalomane (premier ou douzième degré, la question n'est pas encore tranchée), qu'il a une grosse tendance à la tchatche entre les titres, mais comme la musique est quasi-parfaite, on accepte ces petites contrariétés sans problème ! Les 80 minutes passent comme une lettre à la poste, et c'est avec une belle banane sur le visage de chacun que la salle se vide...
Matthieu BRUN April 09 Les SANglIERs SoNt LâChéS !NOIR DESIR est en sommeil mais une question nous préocupait : est-ce-qu'on continue à avancer ou est-qu'on ne fait rien ? Denis Barthe - les inrockuptibles.
Devant "l'autisme" du pouvoir et de la crise des représentations citoyennes, le groupe a eu envie de faire bouger les choses en organisant "ces trois jours de musique et d'agitation citoyenne".
La parole citoyenne dans le débat démocratique et la question des contre-pouvoirs, de leur place, de leur rôle et de leurs moyens d'expression seront au coeur des discussions.
Il nous manque des politiques qui prennent une parole simple et claire, à gauche et à droite - Denis Barthe
S'il fallait voter une présidentielle aujourd'hui, je ne sais pas si on arriverait à se reconnaître dans un candidat - Denis Barthe
Action le 25, 26 et 27 mai à Bègles dans le cadre du festival LES RENDEZ VOUS DE TERRES NEUVES - voir catégorie MONKAGENDA.
En ce qui concerne la musique, NOIR DESIR répond présent à l'appel de Albert DUPONTEL pour son film comico-trash "Enfermés Dehors". Denis BARTHE et Jean-Paul ROY ont composé quelques morceaux. Dupontel a également sonorisé son film avec l'introduction de "En route pour la joie" et des extraits de "7 minutes" et "Oublié" qui sont disponibles sur l'album Tostaky. Noir Désir et Dupontel avait déjà collaboré ensemble il y a quelque temps sur le film "Bernie" où le groupe avait composé spécialement un titre "là-bas" disponible sur le mini-cd de "L'homme pressé".
markimoon avec les sources de Fréquence Rock et musique France 2.
Grosse affiche ce soir à l'Élysée Montmartre, dont la fermeture ne dépasse qu'exceptionnellement 22h30, mais de là à ce que le concert démarre à l'heure prévue et indue de 18h00, il y a un pas... Résultat, j'ai raté les Jetsex, ce qui limitera un peu ce rapport !
La salle n'est ouverte qu'au 2/3 ce soir, ce qui est un peu décevant, mais cela permettra d'avoir une bonne ambiance, et par ailleurs de laisser beaucoup d'espace pour le merchandising...
Le quatuor qui entame les débats (en deuxième, si vous avez suivi) ne fait pas dans l'esbroufe, et ça fait du bien ! Les Gravity Slaves oscillent entre hardcore et punk, avec une petite tendance noisy, et il en ressort un apparentement possible aux Thugs, ce qui est tout de même un gage de qualité... C'est bon, c'est fort, ça vibre... un bon point pour le monsieur !
Les Albigeois de Dirty Fonzy sont cinq, puisqu'ils ajoutent au quartet "classique" un trompettiste/chanteur/danseur, et l'influence ici est évidente : le punk américain, tendance Dropkick Murphys ou Offspring par exemple, avec une intro à la trompette puis les guitares qui démarrent et les voix qui hurlent... Ce n'est pas désagréable, loin de là, mais on ne peut pas dire que cela incite à s'emparer du CD... En concert pourquoi pas, mais il en faut plus pour les ramener à la maison !
Lorsqu'on arrive aux Dead Pop Club, une question se pose : veulent-ils réellement insuffler de la pop dans leur punk ? Car si on peut voir un côté mélodique, voire emo chez eux, il manque toujours quelque chose lorsque cela ralentit trop... Ils sont bien plus convaincants lorsque cela déménage, et il faut avouer que la balance largement déséquilibrée ne doit pas aider à apprécier les morceaux plus fins... Passable, à retenter dans d'autres conditions peut-être...
La première tête d'affiche de la soirée est Ardéchoise option States... Les Uncommonmenfrommars sont heureux d'être là, et ils ont le plaisir communicatif ! Si on peut penser aux Toy Dolls dans l'attitude (autodérision et potacheries bien placées), la musique elle est très nettement punk, avec une influence américaine pas si évidente que cela, lorsqu'on pense que la famille a vécu longtemps chez les Custeriens... En dépit d'un son de basse totalement détestable, c'est rapide, gai, sympa, fun, énergique... vous ajoutez les qualificatifs qui vous viennent à l'esprit, le fait est que ça fait du bien de voir des groupes qui ne se prennent pas la tête !
J'avais, vis-à-vis de la deuxième tête d'affiche qui clôture la soirée, un a priori plutôt négatif : les CD que j'avais entendus des Burning Heads ne m'avaient guère passionné, et j'étais donc tout à fait prêt à abréger la soirée s'il le fallait... Surprise : contrairement à mes souvenirs, leur punk est assez peu hardcore, plutôt enlevé, et on est bien plus près des autres groupes de la soirée que de Black Flag ! De plus, ils s'offrent trois morceaux reggae (version Clash ou Ruts, évidemment !), ce qui crée un lien assez naturel avec leur album correspondant, et ne se laisseront pas trop démonter par l'irruption des membres des autres groupes qui viendront parader en catcheurs ou zorros nus pendant un morceau... Grâce aux trois morceaux de rappel, on atteint - de façon inouïe ! - 22h40, et on se dit que les 19,80 euros étaient un bon investissement pour ce soir !
Un regret tout de même : cinq groupes français, et pas un seul morceau chanté en français... les adresses des textes à des thèmes particuliers semblent légèrement surréalistes dans certains cas !
Matthieu Brun
Quand on est Liégeois, on peut se spécialiser dans les desserts ou dans le rock. The Experimental Tropic Blues Band a opté pour la deuxième solution, et on peut dire que c'est un choix tout à fait honorable de la part de ces trois messieurs qui cachent bien leur jeu : le batteur semble totalement amorphe, le premier guitariste ressemble au chanteur de Silverchair (blondinet aux cheveux longs en queue de cheval) et le deuxième guitariste est un grand binoclard qui ne se révèle que lorsque la musique démarre... Mais là, il ne laisse pas sa part au chihuahua : on a droit à du rock'n'roll tendance rockabilly, avec une petite dose d'option psycho, mais bien diluée tout de même, et si l'ensemble n'évolue guère au fil du set, le peu de spectateurs présents à ce moment à la Maroquinerie ne regrettent pas d'être arrivés à l'heure !
Car la salle ne se remplit que pour l'arrivée des Washington Dead Cats, venus présenter leur nouvel opus "el diablo is back". Pour l'occasion, c'est un vrai diable rouge qui présente le groupe, mais son effet est raté car le micro tombe en panne à cet instant... Peu importe, Mathias et ses acolytes (guitare-basse-batterie et cuivres) débarquent sur scène et mettent la fosse en folie, en interprétant un bon nombre de leurs derniers morceaux (i'm a dead cat, el diablo is back, i'm going to las vegas & i'm gonna be a star, treat me bad, burn baby burn...), mais en se permettant également de remonter le temps de leur avant-dernier album (crazy when i hear that beat, juju...) aux tous premiers (voodoo island, un pizza attack de haute volée) en passant par les incontournables crazy voodoo woman ou napalm surf... Ca passe donc aisément du surf au rock, via l'influence new-orleans barrée, ou encore un slow, et l'arrivée d'une danseuse-manipulatrice de feu ne fait qu'ajouter à la surexcitation de la foule : sur ses immenses talons hauts, seuls quelques petits malins remarqueront ses poignets, alors que son costume de scène ne cache que bien peu de ses appas, dont un tatouage fort discret... Bien sûr, le rappel se terminera "comme d'habitude" par un viva las vegas tonitruant, mais cela ne choque personne : c'était excellent, et on reviendra de nouveau les voir, car ils ne déçoivent ni ne lassent !!
Matthieu Brun
April 02 pIn Up RoUgEDu monde sur le quai de valmy pour assister au concert des EPOXIES quintet punk au look Starshooter. D'ailleurs dans la salle, les gens sont également habillés comme il y a longtemps.... Des costumes et des cravates dénoués, des perfectos avec des tshirts blancs. De nombreuses lunettes en plastique. Des couettes et même un collier de chien. L'ambiance est bon enfant et le stand de collectors et de badges ne désemplit pas.
PARIS BERLIN joue vingt minutes en tour de chauffe. Acceuil poli. PARIS BERLIN est composé d'un guitariste chanteur et d'un clavier. Recette minimaliste. Un punk rock qui évoque les Métal Urbain et qui tire parfois plus sur la pop novo des années 80. L'ensemble est assez martial mais les bons riffs accrochent et entrainent agréablement les danseurs. Les textes sont parfois téléphonés mais restent tout de même cohérents.
Quand OPERATION S débarque je sens que cela va être du sérieux. Déjà les punks s'aglutinent sur le front de la scène. Ils ont changé depuis la fois où je les avais vu au Pulp. Il y a du travail parcouru. Maitrise, expérience et plaisir. Parce que OPERATION S se fait plaisir et le partage avec son public. Un rock punk sans concessions qui s'inspire parfois de la new wave électrique de groupes comme Edith Nylon ou Kas Product. La voix de Cécilia renforce cette impression. La tigresse rouge, dès les premiers titres se jette au sol, balance le micro, bouscule les retours et provoque les afficionados. Que de l'amour tout ça. Le guitariste, looké Johnny Ramones et Iwan (ex No Talents) looké Devo-Starshooter griffent d'accords secs les éructations de la déesse déchainée. Ils ont envie d'en découdre et le public se laisse embarquer dans cette univers électrique et urbain. Bonus, un très bonne reprise des Bérurier Noir, "Gueule Cassée". OPERATION S risque de mener de front cette scène punk qui fait son grand come back aux cotés de groupes comme HEMATOME FRUSTRATION VOLT.... A suivre !
EPOXIES ne m'a pas convaincu. Très vite j'ai quitté la salle pour aller admirer une expo photos dans la salle adjacente au concert. EPOXIES joue un punk rock qui évoque un peu les mélodies des RAMONES et THE QUEERS. Mais ils ont un côté un peu trop propre dans leur son. Quelque chose de "trop parfait" qui fait que l'ennui me gagne. Ils sont bien lookés (des chouettes lunettes) et bien vitaminés mais le tout dégonfle le soufflé au fromage. Dommage. Tant pis !
markimOOn La FoLiE mAtThIeU bRuNCe soir, la Maroquinerie s'offrait quelques frissons bien bruyants... âmes (et oreilles) sensibles s'abstenir !
Il faut croire que le lundi, les Parisiens ont du mal à émerger, car la salle n'est remplie qu'au quart lorsque les Condkoï, enfin totalement débarrassés de leurs démêlés avec nos amis les schmidts, tentent de réchauffer l'atmosphère. La salle se remplira petit à petit, mais les vingt premières minutes seront assez confidentielles... en dehors de la musique ! Car le quintet ne fait pas dans la douceur : si le guitariste joue ses parties plutôt métallique avec application, le batteur martèle ses fûts avec obstination, le bassiste s'amuse à sauter sur place toutes les six mesures, et les deux chanteurs font leur job avec envie, même si on les comprend difficilement... Le hardcore proposé est assez répétitif, oscillant entre Pleymo (pour le pire) et des influences plus rythmées et variées (lorsque le deuxième chanteur s'empare de percussions), et si parfois on pense plus à du death-métal qu'autre chose, l'ensemble est relativement agréable, en dépit du chant en anglais et des thèmes assez bateau qui semblent obséder les Albigeois (SM, cunnilingus, défonce...). Ca reste bourrin, mais il fallait s'y attendre !
Changement d'optique lorsque les Tagada Jones ramènent leur fraise : si on reste dans le hardcore, on n'est ici en terrain très sérieux ! D'abord, toutes les chansons sont en français, le chanteur principal est plutôt audible et globalement compréhensible, et si on regrette la présence d'un "homme des cavernes moderne" comme deuxième chanteur (c'est beaucoup dire, "éructeur" serait plus approprié), les deux guitaristes donnent pas mal d'ampleur au son du groupe. Et, plus important, les chansons ont du sens ! Les textes sont recherchés (dans leur genre, on peut les rapprocher des Zabriskie, par exemple), et surtout l'engagement du groupe est présent dans chaque chanson : anti-racisme, anti-fascisme, anti-sexisme, anti-homophobie, anarcho-écolo, anti-malbouffe, anti-psy, anti-télé... au fil de chacun de leurs albums, on peut trouver des chansons qui dépassent le simple slogan facile ! Bien sûr, la musique est brutale, mais il faut la dépasser pour se rendre compte que ces Bretons ont un discours intéressant, sans que leurs concerts soient le moins du monde moralisateurs... Un groupe rare, à mon avis, qui gagnerait à être connu hors du cercle plutôt fermé que représente leur courant musical !
mAttHiEu BrUn
Parfois, on se rend compte dès l'entrée dans la salle de concert que l'on est en train de faire une grossière erreur... Ce soir, l'arrivée à la Boule Noire laissait la même impression ! Il faut dire que le public, très majoritairement composé de jeunes filles de moins de seize ans, n'incitait guère à l'optimisme, ce que les cris rappelant les pires heures de Patrick Bruel et des boys bands réunis confirmèrent dès l'extinction des lumières...
Les quelques morceaux entendus ici ou là étaient plutôt appétissants, et l'espoir était grand avant l'arrivée sur scène des Minimum Serious. Les quatre ne mettent malheureusement pas longtemps à décevoir : si les guitares peuvent faire illusion quelques instants, la batterie est étonnamment insupportable, et les "allez Paris" assénés toutes les vingt-sept secondes par le batteur donnent envie de relancer le concours de tir sur cible humaine ! Côté musique, on peut supposer que ces messieurs pensent jouer de l'émo-rock, ou du bubblegum punk, ou du bortsch s'il le veulent, mais la définition est beaucoup plus simple : c'est de la soupe, avec des textes d'une mièvrerie notable, et dans ce cas on aimerait autant qu'ils chantent en hongrois, ça éviterait de comprendre... Point positif (pour eux) : ils sont éminemment bien placés pour s'imposer comme les remplaçants de Kyo !
Sur ces bases, on ne peut que craindre la tête d'affiche, mais il faut avouer que la surprise est plutôt bonne : Vegastar a tendance à se débrouiller assez bien dans leur style métal gothique option punk indochinois à tendance mansonienne... Si cela finit par être légèrement répétitif passé les vingt premières minutes, on ne peut pas reprocher le manque d'énergie des cinq corbeaux, et ils sont loin de pouvoir passer chez Drucker, ce qu'on mettra plutôt à leur actif ! De plus, ils arrivent à rendre supportable un morceau des Guns'n'Roses, l'exploit est à noter, et si leur morceau pseudo-acoustique est minable, il faut avouer que l'exercice ne réussit pas à beaucoup de groupes... Un (énorme) bémol : faire venir le braillard en chef de Enhancer est clairement une erreur, mais cela doit faire partie du contrat de la Nowhere team...
mAtThIeU bRuN
Première surprise : le Batofar n'est que "rempli" mais pas bondé ce soir, alors que les Italiens sont rarement en visite dans nos contrées...
Deuxième surprise (attendue mais crainte) : sur la scène, on ne voit pas d'instruments, uniquement des machines...
Aussi, quand les cinq membres live de Kirlian Camera arrivent encagoulés, on ne peut pas dire que l'optimisme règne ! Angelo et ses deux acolytes masculins se partagent le Korg, le Roland et le Yamaha, une vidéaste vient s'installer derrière son ordinateur, et la sculpturale Elena vient occuper le devant de la scène... Il est vrai que ça démarre très électro, voire techno dans les moments difficiles, mais la chaude voix de la belle permet de dépasser le côté artificiel de la musique, que l'on peut ranger suivant les moments dans l'électro-pop, la dark-wave, le dark-folk, l'ambient, l'électro, l'électro-wave... Bref, des sons électroniques, des rythmes plutôt syncopés, une voix féminine (avec parfois trop de réverb'), et un ensemble qui passe plutôt bien, et qui convient à la fois aux spectateurs adeptes des dancefloors et à ceux qui sont plus statiquement attentifs !
Bien sûr, Angelo ne doit rire que lorsqu'il se brûle, l'ambiance n'est pas à la franche rigolade (même au sein du groupe), mais Elena semble vraiment apprécier d'être là, et l'heure et demie passe comme une fleur, et permet d'oublier quelque peu les déceptions des jours passés...
MattHieu brUn
Y'a des fois, on prend des places rien que pour la première partie du concert... Ce soir, l'occasion était offerte de découvrir le Lavoir Moderne Parisien, le troisième lieu animé soniquement de la rue Léon.
Contrairement à son dernier concert à la Maroquinerie, Mell n'est pas accompagnée d'un vrai groupe de rock mais seulement d'un trompettiste, ce qui va permettre de se retrouver dans une ambiance plus intimiste, et bien plus proche des albums... Le public met un peu de temps à s'adapter à l'humour pas très fin de la donzelle, les rimes pauvres des chansons et le langage légèrement cru semblant estomaquer quelques uns... Mais après une heure de morceaux connus ou encore inédits (dont un hilarant en franglais), l'objectif est atteint : la nancéenne a réussi à se mettre l'ensemble des spectateurs dans la poche, et l'entracte est l'occasion de vérifier que les sourires sont bien de sortie ! On verra bien si le Sentier des Halles sera de nouveau rempli dans un mois...
La suite est plus abrupte : une chanteuse d'origine roumaine, cinq musiciens (guitare/basse/batterie/accordéon/clavier) plutôt falots, des textes assez sérieux aux rimes riches, et une musique que je qualifierais d'arabisante sans passion... la transition est difficile, et il faut bien avouer que très vite le ton lasse, d'autant plus que la voix de la chanteuse (nasillarde aux accents diane-telliques) ne fait rien pour susciter l'enthousiasme ! Bref, Lola Lafon & Leva a une lourde tendance à la prise de chou, et si cela doit bien passer sur FIP, c'est bien plus aléatoire sur scène... essai non transformé !
MATtHIEU BRuN
Finalement, il n'y avait pas que des vieux à s'être déplacés ce soir à la Guinguette Pirate... Hormis les cousins et l'habituelle brune inconnue, ce sont les jeunes qui étaient présents en force, et cela constituait donc une foule tout à fait appréciable...
Pour entamer les hostilités, un petit groupe de djeunz, qui demeurera d'autant moins dans la postérité que son nom reste encore un mystère, et qui visiblement écoute de la bonne musique ! Car si pour chaque morceau on repère une influence (au minimum, un plagiat serait plus juste), il est dommage de ne pas tenter de créer quelque chose d'original... On navigue entre mod sixties (jusqu'aux Jam, allez !) et disco obsédante (voire énervante), et comme la rythmique a une forte tendance à ne pas être au point, on finit par apprécier la fin de la demi-heure... gentillet, mais pas plus !
Bien sûr, ils ne sont plus que deux (Hermann Schwartz à la guitare et Eric Débris au chant) de la formation ancestrale, mais avec leurs deux jeunes compagnons à la guitare et aux machines/synthé, les Métal Urbain ont décidé de reprendre le punk exactement où ils l'avaient laissé en 1982... On est tout de même loin du concert "one shot", puisqu'un nouvel album vient d'être enregistré, avec Monsieur Jello Biafra himself s'il vous plait, et la cinquantaine de minutes verra se mélanger sans problème titres nouveaux (sinistre, change de chaîne) et classiques (panik, crève salope, numéro zéro, ghetto...). On peut le dire tout de suite, le nouvel opus ne devrait pas surprendre, puisqu'il reste dans la droite ligne de leurs exploits d'il y a vingt-cinq ans, et l'anarchie reste visiblement bien ancrée dans leurs têtes, ainsi qu'elle l'était dans 50/50 "gauche-droite en avant les moutons, élections piège à cons"... On n'aura pas eu droit à lady coca-cola ou paris maquis, mais on peut penser que cela sera pour la prochaine fois, qui ne devrait pas être trop éloignée...
MaTtHiEU bRUn March 12 mAttHieU BruN dANse PouR Vous !Ce soir, j'ai testé la salle de spectacle la plus proche de chez moi : 4 minutes de l'appartement à la place assise dans la salle ! Pour l'occasion, la famille de la chanteuse compose la moitié du public, ce qui se ressentira dans l'absence de respect dont ces malotrus feront preuve vis-à-vis des cochons de payants...
La mise en scène est surprenante, puisque le décor apparaissant sur l'écran de fond est constitué d'une platine sur laquelle divers disques vinyle agrémentés de dessins, de photos ou de boules à facettes tourneront plus ou moins au rythme de la musique... Le piano constitue la place privilégiée d'Emily Loizeau, ses deux musiciens s'occupant respectivement du violoncelle (+ la basse) et de la batterie (+ la basse, la guitare et le xylophone). A ceux-là viendra s'ajouter, le temps d'un morceau, le célèbre ami de la famille Franck Monnet...
Pendant une heure et demie (pile-poil !), nous avons droit à de la chanson française (avec quelques textes en anglais), aux textes assez acides ou acerbes voire sombres, et si la voix de la donzelle peut parfois agacer sur les morceaux les plus lents (genre chanteuse québécoise de votre choix), l'atmosphère créée est assez particulière, comparable à ce que peuvent par exemple réaliser les Elles... La musique est plutôt jazzy, assez agréable et sans prétention, et hormis la dernière chanson (country, beurk !), on se laisse aisément emmener dans l'univers sans concession (quoique... les connaisseurs apprécieront), et on sort de là en se disant que parfois les concerts "au pif" peuvent se révéler de bonnes surprises !
Pour soutenir la journée de l'audition, rien de tel qu'un concert à la Flèche d'Or, où la grande foule des anciens convaincus (plus quelques néophytes me faisant confiance) est une nouvelle fois réunie, sous le signe excessivement ostensible des 80's, la programmation du DJ en fait foi !
Pour le côté scénique, on peut compter sur les cinq de Frustration, qui copient toujours autant les héros mancuniens... Le chanteur se prend réellement pour ian Curtis, et le son de la guitare est bien acéré... ça penche parfois du côté Cure, ou du côté New Order, mais globalement on n'est pas loin du "tribute to Joy Division" qui ne reprendrait que des morceaux inédits ! Ca reste tout à fait audible, voire appréciable, même si la tenue très militaire/milicienne des musiciens laisse toujours perplexe !
Après un intermède pendant lequel on n'aura reconnu que Warum Joe et les Malades, voici venir le temps du retour à la musique pour le (largement) quadragénaire Charles de Goal ! Accompagné d'un batteur, d'un bassiste et d'un guitariste-programmeur, il nous place d'entrée dans le vif du sujet, avec un radio on bien ficelé, suivi d'un frédéric de bon aloi... Autant le dire tout de suite, il s'agit ici de morceaux datant tous des années 80, ça se sent, mais les guitares et la batterie (un peu noyée, malheureusement) ne sont pas là pour rigoler, et on est assez loin d'une new-wave pop, on se rapproche plutôt de sons bien punk, avec du rythme et de l'acidité... Atout mineur réussit à être accéléré par rapport à la version studio, kling-klang déchaîne les voix dans la foule, et modem finit le set après avoir été demandé dès le début... La présence de 4 murs gris est une bonne surprise, car il était bien moins attendu que ambiance répétitive ou synchro... La version de dans le labyrinthe est superbe, celle de exposition splendide, et la reprise finale de Wire est loin de faire honte à ses géniteurs... Pour l'occasion, on n'aura pas eu de hang on to yourself ou retour au dancing, mais les derniers mots du chanteur laissent espérer que ce retour ne sera pas le dernier !
Le Trianon n'avait pas fait le plein ce soir, et le moins que l'on puisse dire, c'est que les absents ont eu tort !
Bon, il est vrai que rater la première partie n'aurait pas été un drame... Joseph d'Anvers, seul avec sa guitare et son harmonica, vient nous présenter des chansons aux textes pseudo-poétiques, aux musiques mièvres alignant les "bling" et les "blang", et si ce genre n'est guère familier, on peut s'accorder sur un genre oscillant entre Miossec et Thomas Fersen... Quand on ajoute à cela une reprise des malencontreux Taxi Girl, on se doute que la fin des 30' syndicales arrive avec soulagement... pour ceux qui ne se sont pas endormis !
Heureusement, les maîtres de cérémonie de la soirée remettent les choses dans l'ordre dès leur arrivée sur scène ! D'abord en acoustique, puis sur leurs vrais instruments, le trio néerlandais des Nits perpétue sa tradition de maîtrise du live... Alternant morceaux récents (plutôt plus calmes, quoique...) et morceaux plus anciens, Henk et ses deux acolytes démontrent 2 heures durant que la pop existe encore, et qu'elle peut être enthousiasmante ! Accompagnées de vidéos parfois surprenantes (des antifranquistes de sketches of spain aux sumotoris de giant normal dwarf en passant par Pompidou, le terrain de football de j.o.s days ou des locomotives pour the train, évidemment), les chansons sont relues de manière à toujours surprendre, et si nescio ou adieu sweet bahnhof étaient incontournables, la présence de walter & connie, bike in head, cars & cars ou a touch of henry moore donne un plus évident au concert, qui ne se résume pas à un best-of live aseptisé, la chanson the key shop étant expressément dédiée à Théo Van Gogh... Chacun estimera qu'il a manqué tel ou tel morceau, mais avec une quinzaine d'albums au compteur, ça semble inévitable...
Parfois, les flyers sont très explicites, et la seule difficulté consiste à vérifier que les définitions annoncées correspondent à la réalité...
Ce soir, au Glaz'Art, ça commence avec the Defenestrors, sous-titrés "garage-punk sale et sauvage", et on peut admettre le bien-fondé de cette appellation ! Car le trio, avec une batterie minimale mise en avant, joue vite, pas très bien, dans une influence ramonesque assez évidente, et l'énergie est bien là pour compenser le manque de savoir-faire... C'est sympa, ça donne la pêche, mais ça ne va pas très loin... en plus, c'est (mal) chanté en anglais...
Les Nantais de la soirée s'appellent Justin(e), un quintet censément "punk post zabriskien", et là ça laisse un peu plus perplexe : si la musique peut se rapprocher de celle du combo historique nantais, le chant casse tout... Car si on comprend 10% des textes, chantés en français pourtant, c'est bien le maximum ! Or du Zabriskie sans textes, c'est un peu pauvre... Faudra-t-il apprendre au chanteur à se placer devant le micro et à bien articuler ? Même entre deux chansons, c'est difficile de le comprendre...
La "leçon de punk-rock" nous vient de Seattle/USA, et le constat effectué il y a plusieurs mois reste vrai : ces quatre bonshommes ont réellement intégré des références anglaises 77, en y incluant une petite dose de Ramones bien sûr, et on évolue entre Buzzcocks, Jam, Vibrators, Undertones, Boys... the Briefs sont les dignes héritiers de ces pionniers, et leur set bien huilé (en dépit d'un problème technique dès le premier morceau) déménage vraiment ! Ce sont donc 50 minutes de folie, et il ne vient à l'idée de personne que cela est trop court ! C'est dense, c'est bien, on y retournera !!
direction la Flèche d'Or, pour un nouveau concert gratuit... pourvu que ça dure !
Devant une foule encore énorme, Mademoiselle K vient nous proposer son rock nerveux, aux textes assez rigolos, et si la chanteuse souffre de mimétisme vocal avec le fils Chédid sur la première chanson, cela s'arrange très vite, et la référence qui reste à l'esprit est Candie Prune/Andice Rupen, ce qui n'est pas la pire des choses... Bref, c'est bien frais, et ça permet de se dire qu'on n'aura pas tout perdu !
Le trio féminin qui suit a pour nom Anatomie Bousculaire, et si on pense parfois à 10 Petits Indiens ou à Sonic Youth, c'est toujours avec à l'esprit ce qui leur manque... Textes approximatifs et souvent incompréhensibles, arrogance scénique mal placée, hurlements assez insupportables de la batteuse, autant dire qu'elles feraient bien de travailler leur musique plutôt que leurs flyers !
Ca enchaîne avec Stuck in the Sound, un quintet masculin qui donne le coup de grâce : si la musique pourrait être supportable (très rythmée, avec beaucoup de cassures), la voix du chanteur rappelle bien trop celle du frontman de Microdisney pour pouvoir rester jusqu'au bout... Avis du public : NON !! En cette fin d'après-midi, la ville d'Issy-les-Moulineaux a pris peur, envahie qu'elle était par des hordes de punks venus au PACI assister à la renaissance de Fahrenheit... Bien sûr, la grande majorité de ces modernes Huns n'était que du punk en herbe à la puberté à peine esquissée, mais la présence de quelques crêtes a dû affoler les santinistes de base !
Pour entamer les débats, les Prouters arrivent sur scène. Le trio français punk n'est pas totalement désagréable, son mélange Cadavres/Collabos/Komintern Sect se laisserait bien écouter si les textes voulaient bien se montrer à la hauteur... Quand on les comprend, les hymnes tels que à poil ou j'ai marché dans la merde montrent qu'il y a encore loin de la poésie (in)espérée...
Les Anglais de Sick on the Bus arrivent ensuite, et la balance se fait en direct, puisque leur bus n'est arrivé qu'au moment du premier groupe... Là, on est bien plus nettement dans un registre punk à tendance "à chiens", puisque les Exploited ne peuvent être oubliés, quoique parfois escamotés au profit de Conflict, bref c'est du punk à tendance hardcore qui décoiffe bien mais ne laisse guère de place pour le repos des oreilles... oui, mais, en quelque sorte !
Le climat se détériore très nettement lors du troisième set : les Français de Guerilla Poubelle sont en effet pris à partie par une bonne partie du public, à grands coups de doigts vengeurs et de mollards glaireux, ce qui oblige le chanteur à fréquemment tenter de moraliser le concert sans donner de leçons à ses détracteurs... c'est peine perdue, et si on peut estimer qu'il ne s'agit que d'un genre de "boys band punk", l'attitude haineuse du public n'est pas pardonnable, et gâche assez largement la fête !
Ceci, ajouté à un son et à des lumières déplorables, explique donc que les regrets concernant les concerts non vus de GBH et de Parabellum soient vraiment ténus, et qu'on espère que cela se passera mieux par la suite
Une salle (La Maroquinerie) remplie (sold-out) de djeunz (moyenne d'âge 25 ans maximum), un public très féminin (c'est bien, ça permet d'éviter d'avoir des grands devant soi), des paroles connues par cœur... ce soir, la "next big thing" anglaise était chez nous, dans le cadre assez incertain de "la nuit de l'alligator" !
Avant cela, une première partie assez hallucinante... Un duo, un batteur-chanteur accompagné d'un claviériste-bidouilleur, qui nous propose un retour vers le psychédélisme dans tout ce qu'il avait de plus sirupeux et inintéressant, avec des nappes d'orgue à la Doors, une voix incompréhensible avec 250 kilos de réverb', des rythmes néandertaliens, des vidéos psychotiques, des musiciens totalement envoûtés par leur musique (leur dealer ne les trompe pas sur la marchandise...), 3/4 d'heure de concert dont 44'50 de trop, autant le dire tout net : les ZZZ, c'est loin d'être top !
Ca s'arrange très vite avec la tête d'affiche, un petit trio basse-batterie-guitare de nom assez underground : The Subways sont à Paris... Si on veut coller des étiquettes, on peut parler de rock, de new rock, de pop-punk, bref vous appelez ça comme vous voulez, dans tous les cas ça déchire grave ! Le batteur mérite largement son salaire, vu l'énergie qu'il dépense, l'affriolante bassiste à tête de Samantha Fox et voix très aiguë arpente la scène sans cesse ni repos, le chanteur a des faux airs de TV Smith, ce qui rappelle donc les Adverts, mais on peut également y voir du Kaito, du 80's Matchbox, éventuellement du Metric, pourquoi pas du Sleater-Kinney ou des Sahara Hotnights, l'influence des Jam est cachée mais évidente, bref c'est assez varié, pas nécessairement très inventif mais compensé par le fun et l'énergie, le public est enchanté, le seul bémol tenant au temps : moins d'une heure de concert, ça ne permet pas d'oublier la première partie...
mais RFI est censée dire la vérité dans le monde entier ! Résultat, elle organise des soirées privées (pas tant que ça...) à la Flèche d'Or, pour enregistrer des concerts qu'elle diffusera par la suite.
Ce soir, ça démarre avec un duo (le contrebassiste s'est perdu en chemin) trompette-banjo, qui n'a droit qu'à deux chansons : Kazidoria nous ennuie pendant le premier, tandis que le deuxième est plus enjoué, avec des paroles moins absconses, et l'interview obligatoire sera la plus claire de la soirée...
Le public est plutôt venu voir les deux têtes d'affiche... ça débute avec Jack the Ripper, un groupe de huit musiciens (piano-batterie-2 guitares-basse-violon-trompette-chant), dont la réputation est de marcher sur les traces de Nick Cave et Tom Waits... Mouais... Déjà, ce n'est pas de la chanson française (tous les textes sont en anglais), par ailleurs c'est plutôt pompeux et ça manque singulièrement de vie et d'enthousiasme ! Il faut dire que le groupe étant exclusivement centré sur le chanteur, et que celui-ci se focalise sur son rôle de sociopathe aux textes gais comme du Delerm (pas besoin de traduire i was born to die of cancer...), ce qui ne pousse pas à forcer sur les applaudissements. D'ailleurs, la mollesse de mes mouvements de mains m'a été gravement reprochée, et m'a valu un cours sur le respect dû aux artistes : il vaudrait mieux ne pas applaudir que de le faire poliment ! En tout cas, je vous déconseille d'applaudir avec un verre dans la bouche, ça peut vous rejaillir jusque sur le cuir chevelu...
Pour remonter le niveau, la tribu Lo'Jo arrive, et ses 6 musiciens nous proposent un mix de musique occidentale et d'influences plutôt africaines (les instruments utilisés le sont en tout cas), en réussissant à rendre très agréable un genre qui peut s'avérer lassant sur disque ! On peut appeler cela "musique du monde", ça ne doit pas les déranger, et si le discours général est assez obscur ("il participe du sacré et du profane"), il est noyé dans la musique et la joie des musiciens qui s'investissent plaisamment pour faire du set un moment intense bien partagé avec le public ! Bref, c'est très sympa, et en plus ça change du répertoire habituel des concerts...
Pas de crémières ce soir à la Flèche d'Or, mais un public finalement conséquent pour encourager les trois groupes de ce soir.
Pour commencer, nous retrouvons le trio de Sheeduz, qui nous propose un set bien différent d'il y a quinze jours ! Débutant avec un morceau piano-batterie (pas très enthousiasmant, à vrai dire !), on retrouve assez vite la batterie métronomique et la guitariste aux faux airs de Kim Deal, qui accompagnent la chanteuse-qui-n'en-fait-pas-trop... Cela reste très intéressant, et la bonne reprise du medicine jar de Queen Adreena ne fait que confirmer ce qui avait été entrevu : ces filles ont de la dynamite dans leur groupe ! On pourra d'ailleurs les revoir le 26 février ou le 17 mars...
Changement de style avec le quatuor mixte d'Hopper : ici on est dans un genre plus expérimental (pour la grosse fan-base présente ce soir) ou plus insupportable (pour les spectateurs neutres)... Car si les deux chanteuses-guitaristes semblent s'amuser, on ne peut guère dire que leur musique oscillant entre Sonic Youth et Pixies soit suffisamment stable pour enthousiasmer ! Déjà, il faudrait que le batteur comprenne qu'il y a autre chose que des cymbales sur sa batterie... et que le groupe en général mise un peu plus sur sa musique que sur son attitude ! Comme en sus nous avons des divergences extrêmes concernant la définition d'un morceau "punk", on apprécie la fin du set avec un soulagement non dissimulé...
Le duo américain Alice Texas officie encore dans un autre genre : les deux guitaristes jouent très nettement du blues-rock ! Mais comme on a affaire à des personnes intéressantes, c'est en version Gun Club, Palladin/Thunders, Lunch... le relâchement/rapprochement de Chris Isaak n'est semble-t-il qu'une erreur de jeunesse, et la reprise du bird on the wire de Leonard Cohen est si possible encore plus déprimante que l'original... leur objectif est donc atteint, grâce en particulier à la voix de la chanteuse, et si on rentre dans leur style (parfois minimaliste...), on peut vraiment les apprécier !
Ce soir, grande première pour l'ami Sean, qui effectuait sa première sortie officielle avec Gaston au Sentier des Halles, devant un public nombreux et pour le moins enthousiaste... sans doute y avait-il beaucoup de familiers dans la salle !
Quid de Gaston ? C'est un quintet, avec deux guitares, une basse, un chanteur et un batteur-bruiteur, et l'ensemble officie dans un genre qui ne m'est pas nécessairement habituel, je manque donc singulièrement d'éléments de comparaison... Sur l'affiche, il est indiqué "pop-rock festif", c'est une définition comme une autre... Disons que ça démarre de manière très enjouée, évoquant les Starshooter de partir à zanzibar ou les Lili Drop, donc les groupes de rock français du début des 80's... il y a pire comme approche !
Par la suite, cela évolue quelque peu, certains titres sont bien plus sombres, d'autres font penser à Sinclair ou Téléphone (ben oui, il n'y a pas que des bonnes choses dans le rock français !), et la prestation du chanteur ultra-bondissant et grimaçant peut finir par lasser, en dépit de sa ressemblance vocale (quand on comprend les textes) frappante avec Jean-Luc Fonck...
Dans l'ensemble, cela reste une soirée agréable, même si c'est tout de même bien trop gai à mon goût...
La Guinguette Pirate organisait une soirée Motorpsycho, avec quatre groupes parisiens qui sauraient bien nous expliquer le pourquoi du patronyme, et cela avait attiré un public bien plus nombreux que prévu, le tarif de 6 euros n'étant pas un repoussoir non plus...
Un trio pour commencer : the Next joue un rock'n'roll à tendance punk 77, et c'est ma foi tout à fait audible ! Les musiciens savent jouer, le chant est compréhensible, les mélodies existent... Une rareté : le guitariste est black, ce qui n'est pas courant dans le rock en général, et dans le punk en particulier (Peligro, les Bad Brains, et ensuite ??), mais on sent qu'on a dû biberonner les mêmes musiques : les reprises de janie jones et brand new cadillac (reprise de reprise..) sont plus qu'acceptables, et on se dit que ces 20 minutes inaugurent bien la soirée... Malheureusement, on vient de manger notre pain blanc !
Pourtant, le trio suivant présente bien : une chanteuse sculpturale ("une pétasse", diront certaines voisines...), un guitariste et un batteur, le tout annoncés comme du "surf rock'n'roll"... Mais très vite, le stratagème est éventé : si les Gee Bitch on the Spot (ouf !) jouent du surf, c'est avec une grosse arrière-pensée heavy-métal, et on a en fait droit à quelque chose du genre "Queen Adreena reprend les Beach Boys avec Motörhead"... là, les 20 minutes sont plutôt longues !
Et ça ne s'arrange guère avec les remplaçants des Defenestrors initialement prévus : les G-String (encore un trio, à contrebasse ce coup-ci) nous infligent un genre de heavy-metal-psychobilly qui permet à certains de headbanger, et on commence à saisir la finesse du titre "Motorpsycho" : de la lourdeur, de la graisse, des Hells Angels pourquoi pas... 35 minutes de cette chose, avec en prime un massacre du blitzkrieg bop (si, c'est possible !) mettent à mal la croyance en un avenir du rock français !
Pour clore les débats, c'est un duo qui s'y colle : un guitariste (saturée, la guitare), un chanteur (saturée, la voix, et donc incompréhensibles, les paroles), une boîte à rythme (au singulier, c'est un modèle antédiluvien), bref c'est un peu un Suicide cheap... pas glop non plus the Gerries !
Globalement, j'aurais dû plutôt faire le Fanfaron...
Négligeant d'aller encourager les valeureux participants au Park Fair Play, la grande foule s'était amassée ce soir à la Maroquinerie, qui n'a pas toujours pour habitude de faire autant salle comble... Même si le rajeunissement par osmose était d'ores et déjà à oublier, la moyenne d'âge flirtant sans doute avec le demi-siècle, l'ambiance était surchauffée dès l'arrivée sur scène de la première partie !
Le souvenir laissé par les Marseillais des Neurotic Swingers l'an passé (au festival Lollipop) s'était rapidement estompé, et il faut bien avouer que c'est dommage... Car si le quatuor n'invente rien, on sent tout de même une influence certaine, évidente, et tout à fait honorable : le Clash des deux premiers albums a été ingurgité et assimilé avec beaucoup de savoir-faire, et la restitution n'est pas loin d'être à la hauteur des originaux ! Les morceaux sont bien secs, rentre-dedans, ont la pêche, et si on trouve parfois quelques bribes de pop-punk pas désagréable, le punk 77 est largement à l'honneur, avec quelques ajouts de type Ramones ou Dogs (la reprise habituelle du 19 est assez bien vue, quoique en deçà du brûlot original), autant dire que les 3/4 d'heure sont vraiment appréciables, et reçoivent de la part du public un accueil sympathique réellement mérité !
A la fin des années 70, les frères Bruno et Pascal Zaremba faisaient l'honneur du football nordiste (mais ont aujourd'hui totalement disparu des mémoires). Au même moment, un lointain cousin transatlantique prénommé Peter formait un groupe qui perdure, et les Fleshtones continuent à avoir un public bien nombreux... Musicalement, on peut penser qu'il s'agit de rock, parfois teinté de blues (l'harmonica, sans doute), psychédélique quand l'orgue se met de la partie... Plus brutalement, il s'agit de rock tendance 1965-1966, version Seeds ou Sonics, ce qui permet à chacun de vibrer à l'unisson des rythmes trépidants qui nous sont offerts ! Bien sûr, cela sombre parfois dans la facilité, le concours du public étant exigé un peu trop souvent et gratuitement à mon goût, mais cela ne gâche pas l'ensemble du set qui reste, avec l'apparition de l'omniprésent Tony Truant et la partie anniversaire improvisé, un concert d'un très bon niveau, qui deviendrait excellent si on sentait un peu moins de professionnalisme et de timing chez les Américains... Cela demeure tout de même une bonne soirée !
PS : Moi j'ai adoré - markimoon
Difficile de remplir plus le Bataclan que ce soir : annoncé sold-out depuis de longues semaines, ce concert avait attiré la grande foule des corbeaux-punks parisiens ! Il faut dire qu'après l'amuse-bouche de 1998, le second retour de Bauhaus parait à la fois inespéré et prometteur : les pionniers du gothique anglais semblent partis pour durer, envisageant même un nouvel album... toutefois, il n'y aura pas de nouveaux morceaux dans le set.
Après une heure d'attente pleine de reggae, le concert démarre sur un (gros) faux-pas : le premier morceau est massacré par la technique, puisqu'on n'entend à peu près que la guitare, voire la batterie, la basse finissant elle aussi par s'immiscer, tandis que la voix du pauvre Peter Murphy reste définitivement absente, ce qui déclenche l'ire du public, et une certaine confusion sur scène... Mais tout rentre rapidement dans l'ordre, et le groupe peut alors démontrer tout ce qu'il sait faire, ce qui n'est pas rien ! Daniel Ash se permet des fantaisies à la guitare sur la plupart des morceaux, montrant ainsi un savoir-faire trop souvent sous-estimé, et la rythmique des frères Haskins (Kevin à la batterie, métronomique, et David J à la basse, énorme !) assure un tempo du tonnerre... Peter Murphy semble légèrement moins arrogant qu'il y a huit ans, tout en restant bien évidemment la figure de proue du groupe sur scène : cet homme chante théâtralement, mais on le lui pardonne (quand c'est du Bauhaus...).
La set-list n'offre guère de surprises, mais celles-ci seront de choix... Les reprises montrent l'influence du glam sur le groupe (telegram sam, ziggy stardust), et si la reprise de severence des Dead Can Dance n'est toujours pas très convaincante, le rose garden funeral of sores est assez somptueux, et le transmission est totalement inattendu, même avec des morceaux de st-vitus dance dedans... Pour le reste, on a droit à l'essentiel des classiques (dark entries, god in an alcove, passion of lovers, she's in parties, hollow hills) agrémenté de titres moins connus quoique sur les albums live (terror couple kill colonel, in fear of fear, silent hedges, all we ever wanted) voire rarissimes (hair of the dog, swing the heartache). Bien sûr, chacun trouvera un morceau favori qui n'a pas été joué (slice of life ou dancing par exemple), mais il est difficile de faire beaucoup mieux en quasiment deux heures, sachant que le concert se termine (inévitablement ?) par un bela lugosi's dead de 10 minutes qui rassasie tous ceux qui restaient encore sur leur faim ! March 11 Lydia LuNch fOr NeveRA l'occasion de la sortie d'un recueil de poésies "Aussi haut que nous le pourrons", éditions Monsieur Toussaint Louverture, avec les poètes-punks-artys-cineastes-and ko Lydia Lunch, Richard Hell, Michel Bulteau ou encore FJ Ossang, la cinémathèque de Bercy propose des soirées, qui ont lieues tous les vendredis jusqu'au 21 avril, en compagnie des auteurs et avec des projections de courts et longs métrages.
Ce vendredi 10 mars, en ouverture, FJ Ossang est venu lire un très beau poème et présenter son film Docteur Chance avec en apparition éclaire Joe Strummer.
Hélàs, si Ossang balance des vers bien rythmés, son cinéma laisse perplexe. L'arty c'est comme la provocation, à mon avis il faut savoir doser et la distribution peut-être allèchante ne serait-ce que par la présence furtive du leader des Clash, l'ennui est total et me gagne dès les premieres minutes de ce film dit culte. Ossang navigue entre Assayas, Godard, Amos Poe et Jarmush première période sans pour autant faire décoller une intrigue moulte fois décortiquée avec des acteurs ne sachant que réciter et ayant un jeu proche de l'inssipide. Déjà les puristes me jettent la pierre mais tout ça m'étant égal, j'ai quitté la salle, agacé et ennuyé pour aller fumer une clope et boire un godet.
Arrive Lydia Lunch et son charisme hypnotique. Pendant 20 minutes elle captive un public nombreux et lance ses vers acerbes, réalistes et incisifs. De la pure poésie urbaine, contemporaine pour rester dans le jargon. Voix parfumée de whysky et de tant d'années de drogues et de performances hard-core. Un corps tendu, à vif qui appuie un phrasé pas piqué des vers (sic). Combien de "fuck" à la seconde ? Son regard vous transperce, vous prends à témoin dans une diatribe violente et puissante. Je suis fasciné.
Puis elle quitte la salle directement par les couloirs et nous salue d'un oeil de vipère acide et glacée. Sans rappels et sans applaudissements à sa demande. Donc sans concession.
S'ensuit une salve de quatre courts de la reine punk new yorkaise qu'elle a tourné à l'aube des années 80. Performance bondage, heroine party, fellation amère et fistfucking avec gun en bouquet final. Dans la salle ça ne bronche pas tellement ce cinéma underground est proche de la snuff attitude. La pelloche vous cloue au fauteuil. Certain n'y résisteront pas, il quitteront la place entre deux gerbes. A noter la magnifique bite de Henry Rollins que la belle punk avale goulumment. Quand trash et poésie rythment en choeur. Violent et derangeant, c'est ce que j'étais venu chercher pour ma part. A vice aux amateurs ! January 29 DiScO dRoPDiScO dRoP
"Sur ma mob je suis biiiiiiiiiiiennnnn ! ". Une aventure lycéenne en mobylette qui à tout moment frisent le crash gang bang. Les personnages de ce mini conte se touchent se serrent à toute vitesse, tout aussi insouciants que la génération à laquelle il s'adresse. Je reste scotché. Déjà je vois qu'ils sont à part et que malgré le fier soutien de Téléphone, la partie est loin d'être gagnée. Un rock qui franchit les frontière d'un funk léger et rafraichissant, tendrement écaillé par un filet de guitare incisif. Fallait oser. Les cendres du Punk Rock étaient encore à vif. Déjà, le mec et ses amazones entonnait le ton de la provocation sans l'air d'y toucher. Classe.Ce premier quarante cinq tours est produit par Louis Bertignac. Joli petit carton dans les boums. En face B, Olive dévoile un peu plus son univers de soie et d'orgie pubère "Dans sa toile", n'est pas programmé. On ne rigole pas avec le cul au temps de Giscard. En 1980, Lili Drop accouche de l'album "Monde Animal". Un monde peuplé d'amazones, d'amours à trois... L'ambiguïté est reine. La poudre trace les sillons. Onze perles brunes et nacrées, enfilées sur les deux plages noires. Hélàs le producteur, Franck Gallagher et son accolyte Steve Prestige, foirent le mix. Même la pochette est ratée. Honteux. Scandaleux. Dans ma chambre tout en pénombre je suis obligé de pousser les basses au maximun et tente quelques échos. Le disque est plat. Ne respire pas. Par contre les compositions et les mots de l'Olive chamboulent ma crise acnéenne. Valérie, Foutoir, Terrain Vague, Monde Animal tournent en boucle. Des histoires de triolisme libertin soufflées par les deux félines et le lion. Monde Animal est un long cri de jouissance et de l'enfer en même temps. Un voyage bousculade, on monte et on descend à 120 à l'heure. Le reggae Oui Oui Oui est un orgasme ininterrompu. Des vagues de Saxophones appuient ce viol conssenti entre deux étages d'ascenseur. Le titre onanistique de l'année sans aucune hésitation. Mais le succès boude le trio. Trust et Téléphone raffle la mise et abandonnent malgré eux une pleïade de groupe qui poussent aux côtés de Lili Drop. Mathématique Moderne, Edith Nylon et les garçons junkies de Taxi Girl. Non exhaustif. Suit le quarante cinq tour "Agent Secret" en 1981. Succès légér malgré, là aussi, un texte sur mesure. Du grand Olive " Comme un agent secret je délie tes secrets d'amant discret". C'est pur. Extralucide et super dansant. Mais Lili Drop peine à se défaire des "copains de Téléphone". Ca leur colle au cul et les lycéens s'époumonent plus sur Argent trop Cher que sur cette pièce qui enlace agent et amants dans un tourbillons de draps froissés. Lili Drop amorce à cet instant la pente qui les mènera au split. Peu de reconnaissance d'un public aveugle, certes mais beaucoup trop de poudre dans l'intimité du groupe. Olive plonge vraiment dedans et c'est pendant les sessions d'enregistrement de N que Korïn largue les amarres fatiguée des frasques de plus en plus ingérables du chanteur. Enzo Enzo est née. Segs des Ruts DC reprend les parties de basse aux côtés et dans le coeur de Violon et d'Olive. N sort début 82. L'album est produit par Glen David Ruffy et John Brand. Le groupe a muri. Il oublie ses émotions innocentes des débuts. N est un brûlot... Noir. La nuit, la mort, l'inconnu, l'Afrique et l'Héroine sont au rendez-vous. Le sexe déborde à flot et Lili Drop est le premier groupe a chanter l'homosexualité féminine à ma connaissance. "Fautes aux Photos" (compo de Violon) est d'une sensualité révoltante. L'excitation est à son paroxysme. Le talent est évident et la puissance de la musique est enfin éclatée au grand jour grâce à une production léchée et fièvreuse. N est une urgence et des titres comme Soleil Noir, T'oublier et J'ai pas besoin de toi en sont la boite de vitesse. T'oublier fait un carton sur les ondes. La tournée ramène peu de monde. 82 est l'année noire de la première génération des rockers de Navarre. Starshooter, Bijou, Edith Nylon jettent l'éponge malgré des albums plus qu'honnêtes. Lili n'y échappe pas. Lucides, dans un ultime souffle Olive et ses dropettes, Violon, Léonie et Plume, sortent l'un des plus beaux simple de l'année. Tartine Breakfast, un blues funky encore et toujours qui relâte nos matinées au quotidien. Les métaphores sont naïves et grises à la fois. Le morceau ne donne pas envie de sortir de la couette. Vide mais encore chaude. Elle est partie la tigresse. En face B, c'est le génialisime Mauvaise Copie, un rock afro bourré de percu et de guitares flamboyantes. Encore des amours largués et noirs qui se déchirent en cinémascope. Un de mes morceaux favori. Le travail de Mick Glossop (producteur de Pas Fatigué de Starshooter) prédit le meilleur pour le groupe. Hélàs, le groupe au bord de la surdose et de l'insuccès jette l'éponge. Violon fonde Fat City et Vendetta Palace avec son ami Segs. Olive part en voyage. Téléphone chante la dure limite. Lili Drop la franchit. Fin de la première période. 1985 Olive sort un maxi vinyl assez moyen produit par Richard Kolinka. C'est la face b qui est la plus interessante. Après la note saphique de N, le trublion dandy s'attaque au transgenre. Chromosome X Chromosome Y s'assure un soutien minimum syndical des dance floors funk et rap naissant. " Je ne sais pas pourquoi je n' peux pas changer d'sexe" hurle un Olive en chemise satinée et de plus en plus androgyne. Flop quand même. 1986 c'est le maxi 1+1. Olive s'égare dans la variété. Le texte est moyen. La pochette est superbe. On passe vite cet égarement ! 1992, Olive publie son album solo OUF. Un disque qui mélange rock, funk et les racines Lili Drop sont bien présentes pour notre plus grand bonheur. Le son est parfait. Dans les choeurs on retrouve Violon et Corine Marienneau de Téléphone. Kolinka assure la production et frappe les fûts de çi de là ! 12 titres. Deux sont à mon gout ratés, " Mon coeur" et "Roméo". Tout le reste est vraiment interessant et surprenant. Le bonhomme en veut et ça se sent. Les textes sont éblouissants voire renversant tel "Vivant" que reprendra recemment Jad Wio. "Retour à l'envoyeur" passe sur les ondes mais le disque est encore une fois boudé pour toutes les raisons du monde connues ou inconnues. Personnellement "Killer in the Cellar" en franglais pour la première fois et "Les petites annonces" sont mes favorites. A cette période, Olive fait quelques dates avec le type de Eurythmics. Rien n'y fait, le disque est vite soldé dans les bacs. Dommage, car c'est une vraie petite perle. L'année d'après, Olive et Jean-Louis Aubert se rejoignent sur le mini cd qui accompagne "Stockholm" de l'ex Téléphone. "Nouvelles Frontières" est le duo de ces deux météores inséparables. Les voix se confondent ce qui accentue l'ambiguïté. Le texte fait référence à la prison et à la mort. Dommage que ce titre ne soit pas sur l'album officiel. Depuis, on attend une réedition mais les bandes seraient perdues. Saloperie de rock'n'roll.
markimOOn nO tEaRsMême s'il est difficile de l'avouer, Tonton Phil ne raconte pas toujours n'importe quoi. Il s'avère que son jugement concernant Tuxedomoon n'est pas loin de la vérité : "il y a de très bonnes choses, et d'autres frisant l'insupportable". S'il estime que j'ai détourné sa pensée, je vous le ferai savoir... Sachant cela, mes pas m'ont tout de même amené jusqu'au Nouveau Casino ce soir, pour une expérience musicale puisque je ne connaissais rien du groupe américano-belge !
Même si l'affiche "complet" était bien en évidence, il restait encore quelques places à la vente au guichet, ce qui incitait quelques courageux à stationner dans le froid... le sacerdoce musical exige des sacrifices ! Obtenant une belle ovation dès son arrivée sur scène, le quintet (un bassiste manipulant la boite à rythmes, un clarinettiste-chanteur-pianiste, un violoniste-guitariste-chanteur-bruitiste, un harmoniciste-trompettiste et un vidéaste-pas-iste) nous offre apparemment ses morceaux (assez instrumentaux dans l'ensemble) les plus connus, ce qui réjouit la foule dense et très sérieuse. Nonobstant un savoir-faire indéniable, il faut avouer que le mélange rock arty-jazz-cold wave ne génère que de fugaces émotions, et que la tonalité générale du concert n'incite guère à un enthousiasme débordant... Disons qu'un petit tiers des morceaux emportent l'adhésion, le reste n'étant qu'un déploiement d'instrumentations sans vie, et que lorsque les lumières se rallument, on n'aperçoit pas vraiment de tristesse indéfectible sur les visages environnants... En sus, la grosse heure et demie de concert n'a pas été précédée d'une première partie, ce qui rend la soirée un peu courte, et assez aisément oubliable !
Si rien d'autre ne se programme d'ici là, le prochain concert risque bien d'être celui des Bauhaus au Bataclan... 2006, année des anciens ??
matthieu BRUN January 15 mAtThIeU bRuNAvant d'aller planter ses baskets dans les traces des chars de 1968, il s'agit d'entamer l'année musicale 2006, et la Maroquinerie fournit une belle occasion, avec un festival sur 3 jours intitulé Maroq'n'roll, qui accueillera entre autre les Washington samedi... tant pis, on le reverra une autre fois !
La salle est en cours de remplissage (ce sera très rapidement bondé) lorsque le premier groupe arrive, et il n'est pas prévu au programme ! Collage est un quintette qui doit sans doute prétendre jouer du post-rock, mais qui ne nous inflige que du progressif... hop, à la poubelle, plutôt que de nous faire perdre 30 minutes pour commencer !
La suite est d'un autre tonneau, puisque les Unlogistic jouent du hardcore, mais on peut penser qu'il y a eu erreur de choix : si c'est pour hurler des textes (en anglais, incompréhensibles), sur des guitares hyper saturées jouées très vite, avec une boîte à rythmes en guise de batterie et aucune inventivité (back to roots, les gars, n'oubliez pas que les Bad Brains y glissaient du reggae !), on se demande pourquoi le trio ne s'oriente pas plutôt directement vers le death-metal... Au moins, il n'y aurait pas tromperie sur la marchandise !!
Les choses s'améliorent infiniment avec l'arrivée de La Fraction : si leur punk-rock n'est pas hyper-inventif, le quatuor a tout de même de sacrés avantages... Une vraie batterie, une chanteuse aux textes en français partiellement compréhensibles, une attitude toute en réserve assez sympa, des soli qui n'en sont guère, tout cela fait que les 3/4 d'heure passent bien vite... à revoir !
La tête d'affiche de la soirée est espagnole, comme son nom ne l'indique pas : Tokyo Sex Destruction est un quintette assez stoogien (un sax est assez présent), avec de grosses influences soul, ou au moins mod... Alors, bien sûr les 3 premiers morceaux sont brouillons, voire inaudibles, et bien sûr il y a sans doute dix minutes de trop (l'irritant final morrisonien n'a guère sa place ici), mais entre les deux on a droit à une vraie démonstration de mixité rock-soul réussie : le chanteur charismatique est une pile électrique, le batteur est un bon métronome, et les sons de guitare et de basse nous ramènent dans les 60's, avec une texture tout de même totalement ancrée dans le nouveau siècle : ça reste un très bon concert, et l'année démarre donc globalement mieux que la précédente n'avait terminé !
A suivre de nouveaux tests (Tuxedomoon, Danko Jones, Subways), des vieilleries (Bauhaus, Nits, Fleshtones, Parabellum, GBH), des choses plus récentes (Gathering, Tagada Jones, Sleater-Kinney)... et peut-être même du flamenco, si vous êtes sages !
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