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May 16 mArkImoon Au PC !Place Colonel Fabien - Vendredi 12 mai - Début de soirée. Je me dirige vers le PC central du parti. Pas foule pas foule. Un type tout sourire m'accueille. Nous passons le grand salon où sont accrochées des toiles de maîtres contemporains. Dans la majorité c'est à chier mais bon, je ne suis pas là pour l'art mais pour un débat inédit au siège d'un parti politique, où il ne faisait pas bon d'être homosexuel(le) il n'y a pas si longtemps. Oui, le PCF organise un colloque sur la transphobie, la lesbophobie et l'homophobie et s'en gargarise. Les homos ne sont plus une déviance bourgeoise comme dans les années soixante dix mais bels et bien un bon bulletin de vote pour l'an prochain et puis la gay pride pointant son nez d'ici le 24 juin, il est temps de marquer des points avant les collègues. Bien sûr le monde change et si le ton de ce billet vous paraît cynique force de constater qu'il y a urgence contre ce phénomène, l'homophobie, qui reflue depuis qu'un certain Jacques, aidé d'un Nicolas, sont au pouvoir et qu'il est bon de voir un parti d'opposition épouser (sic !) enfin la cause.
Mais très vite je déchante. Act Up n'est pas là. Connaissant les gaillards, je me dis qu'il y a un couic quelque part. Les indispensables SOS Homophobie accompagnés de IDAHO (?), MAG - homos jeunes, ainsi que des associations Transexuelles au verbe génialement bien mordant et un cinéaste. Dans la salle, des quidams et .... Des syndicats et des représentants de partis politiques et élus divers. Beaucoup d'élus.... Et c'est ainsi que le peuple va perdre sa parole.
SOS HOMOPHOBIE dresse le bilan.... Cela fait froid dans le dos. Surtout pour les transexuelles où la communauté ne compte plus les agressions sans parler des graves problèmes de reconnaissances sociales et administratives.
Un cinéaste prend la parole. Il a filmé dans les banlieue et les quartiers sensibles. Si au départ lui et son équipe sont victimes d'insultes, il arrive à installer un dialogue. Bilan. Ne pas stygmatiser mais parler parler parler. Etre à l'écoute. Personnellement je dis ok mais dans l'urgence, le débat peut-il prendre place quand dans votre quotidien vous êtes victimes de cette violence physique et verbale à l'égard de votre sexualiité en rajoutant le poid de la religion et du fonctionnement en groupe ? C'est un travail de fourmis et il est urgent de pointer les politiques nationaux et communaux pour construire du concret face à une jeunesse larguée et désinformée. Car c'est sur ce point que le cinéaste insiste. La désinformation. Il en résulte que l'homophobie est plus contrôlable et moins violente dans les quartiers dits sensibles que dans les quartiers des classes moyennes où privilégiées.
Des chiffres tombent. L'effroi se lit sur les visages. Je n'en mène pas large. L'homophobie si elle se traduit par des actes violents - meurtres et coups - elle est bien plus efficace quand elle git sur un lit bien installé dans les consciences. Elle perdure. Elle s'accroche et les idées recues sont bien plus difficiles à faire tomber, puisqu'elles sont établies et banalisées par tous à la différence d'un coup, mortel ou non. Bref c'est affligeant. Le nombre de mains courantes est en évolution constante. Pire, moins de coming out. Paradoxe. Les gays demandent le mariage, parce qu'ils y croient mais aussi pour être normalisés. Ce qui provoque une montée de haine de l'autre côté. Le vivons cachés vivons heureux est tenace. Et c'est dans cette situation que l'homophobie fait des ravages. Les jeunes doivent d'abord s'affirmer et s'accepter sur un terrain qui n'est pas du tout favorable voir complètement hostile ce qui engendre pas mal de peur de malaise et de suicides. Le suicide chez les jeunes et les chiffrent le démontrent, sont avant tout des homosexuel(les) qui ont peur du contexte dans lequel ils vivent et n'osent l'assumer ou alors sont tout simplement des jeunes qui subissent des actes homophobes quotidiennement et qui ne l'acceptent plus. Dans les collèges et les lycées, la haine de l'homo est plus que palpable. Et si certaines associations arrivent à pénétrer dans les enceintes et les batisses, elles doivent affronter tout d'abord une cohorte de dignitaires de l'enseignement qui sont très glacés et effrayés par ce genre d'initiatives, voir totalement contre.
Pourtant il y a du mieux. Au niveau des droits. Le député du Nord dont je ne peux pronnoncer son nom tellement j'ai envie de l'oublier a été condamné. Des textes sont votés où les insultes et les coups homophobes sont maintenant et depuis peu passibles de peines de prison et de fortes amandes. Mais c'est bien léger et on attend toujours les 45000 euros promis par Raffarin en cas d'agression physique ou verbale. Si les gays ont tendance à sortir le code peinal pour faire valoir leurs droits, ils passent par les associations car il est encore très difficile d'aller porter plainte tout(e) seul(e) au commissariat. Imaginez une jeune lesbienne arrivée dans un commissariat de province pour dire "je suis lesbienne, je viens d'être victime". Courageuse la miss.
Ce qu'il faut bien entendu c'est de l'information dans le maximum de contexte. Amorcer une prise de conscience générale. Mais ceci est bien frileux. L'hétérosexisme à de beaux jours devant lui. C'est même une fierté. Une raison d'être.Traiter son pote d'enculé sous couvert d'humour est déjà une preuve d'homophobie latente. C'est bien connu, de la salope on passe à l'enculé.... L'un n'allant pas sans l'autre. L'homophobie étant avant tout un rejet de l'image de la femme. Les termes injurieux sont avant tout féminisés - tapette - lopette - tarlouze - tante - pédale (j'en ai d'autre mais c'est trop long -ndlr). Ce qui signifie si tu n'es pas un homme - un procréateur - tu es forcemment une femme - Voir une sous femme. Je vous passe évidemment l'amalgame qui est fait avec l'homosexualité et la pédophilie. Dans la plupart des plaintes les gays qui ont subi des insultes ou des coups dans le corps enseignant et pédagogique sont avant tout dûes à cet amalgame.
La parole est au public. Un homme a plus peur maintenant alors qu'il s'est affirmé il y a une vingtaine d'année et vit quotidiennement une ambiance homophobe dans son travail, chose qui n'existait pas avant.
Un autre explique qu'il est important d'aller à la Gay Pride malgré le côté commercial. La gay pride étant une fore et une réponse visible à l'homophobie. Une transexuelle explique son combat pour sortir les filles de la prostitutions. Une autre intervention signale que l'homophobie masculine est stable alors que la lesbophobie est en croissance dû justement à une visibilité de plus en plus constante. Elle engage les filles à ne pas rentrer la tête même si c'est dur. Un jeune garçon (voir le cas Martin) évoque son éviction par tout un lycée proviseurs et profs compris parce qu'il était gay.... Puis c'est la chute libre du débat. Déjà les militants de SOS Homophobie quittent le plateau parce qu'ils sont attendus. Ce qui fait un vide dans la répartie et le recadrage du débat qui vire à la querelle de chapelle. Un militant cgt se targue de son char à la gay pride.... Un élu vert se targue du mariage de bègue mais n'est pas pret à mouiller sa chemise en cas de vote car perte de voix. Sifflements ! Un autre assimile les transexuelles aux gay. Sifflements. Un cfdt fait la pub pour son syndicat. Et puis soudain on ne parle plus d'homophobie. Chacun y va de son annecdote et sort son bulletin d'adhésion. Je sors une première fois. Je reviens. Un militant PC monte sur la tribune. Là c'est le délire. Il se croit en meeting. Le ton est faux. Théâtral. Ca pue la récupération. Le cinéaste et Camille des transexuelles semblent déconnectées - elle fait la conne avec le micro - je rigole. Le type frise l'illumination. C'est ridicule. Je me tire. Quelque tracts. Je regarde de nouveau les peintures. Non c'est vraiment à chier. Caricatures. Je pars me faire enculer de 4 euros la pinte au Quetzal.
markimoon
JOURNEE INTERNATIONALE CONTRE L'HOMOPHOBIE LA TRANSPHOBIE LA LESBOPHOBIE MERCREDI 17 MAI. Débat Infos Actions.
Conctact : Centre Gay et Lesbien
03 RUE KELLER
Métro Bastille April 16 White RioT !NON A L’ACHARNEMENT REPRESSIF ! AMNISTIE DES JEUNES ANTI-CPE Pendant deux mois, notre pays a connu une mobilisation exceptionnelle pour exiger le retrait du CPE. Les millions de lycéens, d’étudiants, de salariés engagés dans ce mouvement ont finalement obtenu gain de cause. Or, des milliers de jeunes, interpellés lors des manifestations de ces dernières semaines alors qu’aucun de leurs agissements ne peut être assimilé à un comportement de « casseurs », sont condamnés à la chaîne par les tribunaux. Cet acharnement répressif est d’autant plus inadmissible que les exemples abondent qui révèlent l’injustice et l’arbitraire de ces arrestations et le plus souvent de ces condamnations. Alors que le CPE a vécu, il serait totalement incompréhensible que le pouvoir continue à vouloir faire payer sa défaite aux jeunes engagés dans ce mouvement. Nous demandons l’arrêt de toutes les poursuites engagées contre des jeunes anti-CPE et l’amnistie des peines déjà prononcées à leur encontre. Premiers signataires : Cédric Clérin (MJC), Razzye Hammadi (MJS), Bruno Julliard (UNEF), Tristan Rouquier (FIDL), Karl Stoeckel (UNL), Patrick Le Hyaric (directeur de l'Humanité), Pierre Laurent (directeur de la rédaction de l'Humanité), Nicole Borvo (sénatrice, PCF), Jean-Pierre Dubois (président de la Ligue des droits de l'homme), Maryse Dumas (CGT), Frédéric Dutoit (député, PCF), Fondation Abbé-Pierre,Henri Leclerc (avocat, président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme), Dominique Noguères (avocate), Irène Terrel (avocate), Michel Toubiana (président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme)Jean-Jacques de Felice (avocat), Mouloud Aounit (MRAP), Jean-Claude Amara (Droits devant), Jean-Baptiste Eyraud (DAL), Charles Hoarau (comité chômeurs, CGT des Bouches-du-Rhône). April 09 cRéEr c'esT RésISteR !Un film à voir et à diffuser. L'appel des résistants français pendant l'occupation nazi censuré par le gouvernement actuel
L'appel des résistants
Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.
Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte.
Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations
qui nous succéderont d' accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :
Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du
Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 :
- Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des " féodalités économiques " , droit à la culture et à l'éducation pour
tous, une presse délivrée de l'argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc.
Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'
Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne
doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la
Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des
injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau " Programme de Résistance " pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.
Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les
moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des
intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.
Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection
" Créer, c'est résister. Résister, c'est créer ".
Signataires :
Lucie AUBRAC, Raymond AUBRAC, Henri BARTOLI, Daniel CORDIER,
Philippe DECHARTRE, Georges GUINGOUIN, Stéphane HESSEL,
Maurice KRIEGEL-VALRIMONT, Lise LONDON, Georges SEGUY,
Germaine TILLION, Jean-Pierre VERNANT, Maurice VOUTEY.
Paris, le 28 mars 2006
.........PETITION.....COMMUNIQUE...PETITION...COMMUNIQUE...PETITION Se faire soigner sans se faire arrêter : un droit remis en cause
Médecins du Monde lance une pétition pour demander le retrait immédiat de la circulaire du 21 février 2006 La circulaire ministérielle du 21 février 2006[1][1], adressée aux préfets et procureurs, explique dans les moindres détails les modalités d'interpellation des personnes sans titre de séjour. Elle mentionne les lieux où peuvent être effectuées les interpellations : les hôpitaux, les blocs opératoires, les centres d'accueil pour toxicomanes, ou encore les salles d'attentes et halls d'accueil, les sièges d'associations, les foyers et centres d'hébergement. Cette circulaire remet en cause les principes fondateurs de la déontologie médicale à commencer par la règle tacite mais admise qui protège les patients dans les lieux de soins, qui exercent une mission de santé publique. En allant jusqu'à évoquer la possibilité d'interpellation au bloc opératoire, la circulaire indique qu'aucun lieu n'est plus protégé. Le droit aux soins est inscrit dans le préambule de la constitution française. C'est un droit fondamental de la personne humaine. Il ne doit jamais être utilisé à d'autres fins que la préservation de la santé. Nous, soignants, hospitaliers, libéraux, associatifs, refusons expressément aux forces de l'ordre l'entrée dans nos salles d'attente ou halls d'accueil pour y procéder à des contrôles ou interpellations. Nous, soignants, hospitaliers, libéraux, associatifs, continueront quoiqu'il arrive à accueillir tout patient pour les soins dont il a besoin en respectant notre serment d'Hippocrate. Nous, citoyens, refusons la remise en cause de ces principes fondamentaux et demandons le retrait immédiat de cette circulaire. Médecins du Monde appelle tous les professionnels de santé, les syndicats et les citoyens à rejoindre cet appel en signant notre pétition sur le site : http://www.medecinsdumonde.org Contact Presse : Florence Priolet / Annabelle Quénet Tél : 01 44 92 14 31 / 14.32 [2][1] Circulaire signée par Messieurs Clément et Sarkozy n° NOR : JUSD06030020C - CRIM.06.5/E1-21.02.2006. Objet : conditions de l'interpellation d'un étranger en situation irrégulière, garde à vue de l'étranger en situation irrégulière, réponses pénales. April 02 GaMiNs VOs PaPieRs !Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans
Appel en réponse à l'expertise INSERM sur le trouble des conduites chez l'enfant Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l'enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance. Dans ce contexte la récente expertise de l'INSERM, qui préconise le dépistage du « trouble des conduites » chez l'enfant dès le plus jeune âge, prend un relief tout particulier. Les professionnels sont invités à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Pour exemple sont évoqués à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la notion « d'héritabilité (génétique] du trouble des conduites ». Le rapport insiste sur le dépistage à 36 mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas », etc. Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ? Devant ces symptômes, les enfants dépistés seraient soumis à une batterie de tests élaborés sur la base des théories de neuropsychologie comportementaliste qui permettent de repérer toute déviance à une norme établie selon les critères de la littérature scientifique anglo-saxonne. Avec une telle approche déterministe et suivant un implacable principe de linéarité, le moindre geste, les premières bêtises d'enfant risquent d'être interprétés comme l'expression d'une personnalité pathologique qu'il conviendrait de neutraliser au plus vite par une série de mesures associant rééducation et psychothérapie. A partir de six ans, l'administration de médicaments, psychostimulants et thymorégulateurs devrait permettre de venir à bout des plus récalcitrants. L'application de ces recommandations n'engendrera-t-elle pas un formatage des comportements des enfants, n'induira-t-elle pas une forme de toxicomanie infantile, sans parler de l'encombrement des structures de soin chargées de traiter toutes les sociopathies ? L'expertise de l'INSERM, en médicalisant à l'extrême des phénomènes d'ordre éducatif, psychologique et social, entretient la confusion entre malaise social et souffrance psychique, voire maladie héréditaire.. En stigmatisant comme pathologique toute manifestation vive d'opposition inhérente au développement psychique de l'enfant, en isolant les symptômes de leur signification dans le parcours de chacun, en les considérant comme facteurs prédictifs de délinquance, l'abord du développement singulier de l'être humain est nié et la pensée soignante robotisée. Au contraire, plutôt que de tenter le dressage ou le rabotage des comportements, il convient de reconnaître la souffrance psychique de certains enfants à travers leur subjectivité naissante et de leur permettre de bénéficier d'une palette thérapeutique la plus variée. Pour autant, tous les enfants n'en relèvent pas et les réponses aux problèmes de comportement se situent bien souvent dans le domaine éducatif, pédagogique ou social. Cette expertise INSERM intervient précisément au moment où plusieurs rapports sont rendus publics au sujet de la prévention de la délinquance. On y lit notamment des propositions visant à dépister dès les trois premières années de leur vie les enfants dont l'« instabilité émotionnelle (impulsivité, intolérance aux frustrations, non maîtrise de notre langue) [va) engendrer cette violence et venir alimenter les faits de délinquance ». On assiste dès lors, sous couvert de « caution scientifique », à la tentative d'instrumentalisation des pratiques de soins dans le champ pédopsychiatrique à des fins de sécurité et d'ordre public. Le risque de dérive est patent : la détection systématique d'enfants « agités » dans les crèches, les écoles maternelles, au prétexte d'endiguer leur délinquance future, pourrait transformer ces établissements de lieux d'accueil ou d'éducation en lieux de traque aux yeux des parents, mettant en péril leur vocation sociale et le concept-même de prévention. Professionnels, parents, citoyens, dans le champ de la santé, de l'enfance, de l'éducation, etc. : - Nous nous élevons contre les risques de dérives des pratiques de soins, notamment psychiques, vers des fins normatives et de contrôle social. - Nous refusons la médicalisation ou la psychiatrisation de toute manifestation de mal-être social. - Nous nous engageons à préserver dans nos pratiques professionnelles et sociales la pluralité des approches dans les domaines médical, psychologique, social, éducatif... vis-à-vis des difficultés des enfants en prenant en compte la singularité de chacun au sein de son environnement. - Nous en appelons à un débat démocratique sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants, dans un esprit de clarté quant aux fonctions des divers acteurs du champ social (santé, éducation, justice...) et quant aux interrelations entre ces acteurs. Appel à l'initiative des premiers signataires suivants : Dr Christine Bellas-Cabane (pédiatre, présidente du syndicat national des médecins de PMI), Dr François Bourdillon (président de la société française de santé publique), Dr Marie-Laure Cadart (médecin, anthropologue, syndicat national des médecins de PMI), Michèle Clément (secrétaire générale du syndicat national des psychologues), Dr Yvonne Coinçon (pédopsychiatre, association des psychiatres de secteur infanto-juvénile), Jean-François Cottes (psychologue clinicien, psychanalyste, InterCoPsychos, Institut de Jeunes Sourds de Clermont-Ferrand), Pr Boris Cyrulnik (neuropsychiatre et éthologue), Pr Pierre Delion (chef de service de pédopsychiatrie au CHU de Lille), Danièle Delouvin (psychologue, présidente d'A.NA.PSY.p.e. - association nationale des psychologues pour la petite enfance), Dr Michel Dugnat (pédopsychiatre, unité parents-bébés hôpital de Montfavet), Dr Marie-Thérèse Fritz (pédiatre, syndicat national des médecins de PMI), Sylviane Giampino (psychanalyste, psychologue petite enfance, fondatrice d'A.NA.PSY.p.e.), Pr Bernard Golse (chef de service de pédopsychiatrie CHU Necker-enfants malades, professeur Université Paris V), Pr Roland Gori (psychanalyste, professeur d'université), Pr Catherine Graindorge (chef de service de pédopsychiatrie Fondation Vallée, professeur Université Paris XI), Pr Philippe Gutton (pédopsychiatre, professeur des universités), Alberto Konicheckis (maître de conférences en psychologie clinique, Université de Provence), Dr Evelyne Lenoble (pédopsychiatre, hôpital Sainte-Anne), Pr Roger Misès (professeur émérite de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Université Paris XI), Pr Martine Myquel (présidente de la société française de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent et des disciplines associées), Gérard Neyrand (professeur de sociologie Université Toulouse III), Dr Pierre Paresys (Union syndicale de la psychiatrie), Danielle Rapoport (psychologue clinicienne, association Bien-traitance formation), Dr Pierre Staël (président du syndicat des psychiatres français), Dr Pierre Suesser (pédiatre, syndicat national des médecins de PMI). |
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