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May 15 MATTHIEU A LUI TOUT SEUL !Comme tous les ans, le Festival "les femmes s'en mêlent" est l'occasion de faire des découvertes, ce qui explique que la Maroquinerie ait encore fait le plein ou presque ce soir.
Pour débuter la soirée, un trio (2 filles, 1 gars) se présentent sur scène : Fatale arrive avec une petite réputation de groupe prometteur... et on est très vite fixé sur les influences du combo : la musique, les chorégraphies, tout indique que l'électro-punk du Tigre est leur musique de chevet ! La différence, de taille, avec les Américaines est l'absence de vidéos, et surtout le fait que seules les voix ne sont pas sur la bande-son... rien n'est joué, pas le moindre petit riff de guitare à se mettre sous la dent, ça rend un peu vaine cette prestation, qui ne restera donc qu'un moment sympa (avec une notable et hallucinante reprise du add it up des Violent Femmes), mais sans beaucoup plus marquer les esprits...
Il y a deux ans, ils étaient trois sur scène, et le souvenir de leur première partie de The Go ! Team était pour le moins mitigé, mais il faut avouer que ce soir, le duo de Pravda a démontré des progrès flagrants et quasi-inimaginables à l'époque ! On est là aussi dans l'électro-rock, avec l'emblématique Sue à la basse (et au clavier) et son compagnon à la guitare, l'essentiel des rythmiques émergeant là encore de l'ordinateur... mais comme la belle se met à sourire (une rareté, même dans ses projets parallèles), que le contact avec le public commence à être intéressant, que les morceaux ont une pêche qui s'accorde bien avec le côté cheap de la musique, le concert devient assez intéressant, et ce ne sont pas les reprises qui vont gâcher cette impression, bien au contraire ! Le choix et l'interprétation des deux covers (ace of spades de Motörhead et i need des Buzzcocks) font que les progrès du groupe incitent à vouloir miser beaucoup pour l'avenir, si Sue ne prend pas froid bien évidemment...
En ce soir de triomphe nancéen, c'est une Argentine exilée en Lorraine qui semait l'interrogation : comment Mona Soyoc envisage-t-elle sa vie post-Kas Product ? Le bruit courait qu'elle envisageait un concert acoustique, on est très vite rassuré : une bonne vieille guitare électrique à la main, et un ordinateur à côté pour le reste de la musique, la toujours aussi classieuse sud-américaine entame le set par une chanson a capella qui pourrait donner des complexes à bon nombre de chanteuses, puis vient très vite dans un genre d'électro qui ne peut que rappeler son mythique groupe ! Si avec Spatsz l'option était assez cold, elle est ici un peu plus rock, et en dépit de quelques morceaux un peu plus faibles, on peut penser que l'album qui ne peut manquer de se dessiner bientôt (que des morceaux inédits, pas un seul morceau 'historique' !) sera une bonne surprise !
Le public était visiblement surtout venu pour le dernier groupe, un duo (belge ?) nommé Sold Out, avec une chanteuse et un bidouilleur... Ici, tout est joué sur scène, mais comme il ne s'agit que de synthés et boites à rythmes, l'électro-pop censée être jouée (d'après les flyers) dérive très vite en électro pure, puis rapidement encore en bouillie technoïde vite indigeste ! La salle se transforme alors en dancefloor, ce qui incite une partie du public à écourter la prestation... ça se comprend assez !
Pas question d'arriver en retard au Sentier des Halles ce soir, sous peine de rater le début de la soirée sous le signe du "K.O. social", qui commence à l'heure : les absents et retardataires auront eu bien tort !
Comme il y a un mois au Lavoir Moderne, et donc en opposition avec la prestation de la Maroquinerie de l'automne dernier, Mell n'est accompagnée que de son trompettiste Edd, et ne s'autorise que ses trois guitares sèches (dont une minuscule, et une classique aux cordes fragiles) pour accompagner ses chansons... Bonne surprise, la set-list est différente, les enchaînements aussi, il y a également des variations musicales, bref les concerts de la donzelle évoluent avec le temps, et c'est à cela qu'on voit que des artistes sont faits pour la scène ! Pendant une grosse cinquantaine de minutes, on a droit à des morceaux des deux premiers albums, pas nécessairement les plus évidents d'ailleurs (pas de pleure ou le trottoir d'en face par exemple...), plus des morceaux encore inédits (déjà expérimentés lors des prestations précédentes tout de même), et le public plutôt froid au début finit par accrocher aux textes ravageurs et aux petites musiques entêtantes, tout en frisant parfois avec le n'importe nawak (le texte en anglais est un modèle du genre !), et c'est donc avec une belle banane que cette première partie s'achève.
L'intermède de la soirée est assuré par des représentants du Gisti, qui viennent nous présenter l'innommable réforme du nabot de Neuilly concernant la situation des étrangers en France... n'hésitez pas à signer la pétition sur www.contreimmigrationjetable.org !
La suite est plus difficile : Éric Lareine, accompagné de la Campagnie des musiques à ouïr, a visiblement rameuté tous ses fans dans la salle... Car l'enthousiasme général ne peut que laisser perplexe : globalement c'est du jazz, ce qui permet aux onanistes musiciens de s'amuser avec leurs instruments, et l'univers du chanteur est assez particulier... Si les deux premiers morceaux se laissent écouter, évoquant Cassius Clay (on pense fortement à Lavilliers) et James Brown (en beaucoup moins bien, malheureusement !), la suite rappelle plus souvent un Nougaro qui aurait été mal entouré, ou un Higelin version "Crabouif", ce qui était rigolo à l'époque mais semble au minimum démodé 35 ans après ! Bref, il vaut mieux entendre ça que d'être sourd, mais on se pose quand même la question ! Et c'est long, long... il faut bien une Guinness et un oeuf pour s'en remettre !
Du rock encore ce soir, où la Maroquinerie a pris le temps mais s'est finalement bien remplie, d'une foule qui en a profité pour bien se vider les oreilles...
Couleurs léopard pour les cinq membres des Hellboys, qui nous proposent un rock garage d'assez bonne facture, tout en ayant quelques défauts notables : un orgue (faute de goût, et inutile en sus), un guitariste branché hard-rock (ouais, le solo, ça reste assez peu punk, à mon sens), et un chanteur qui passe son temps à haranguer la foule ("approchez", "chantez", "tapez dans les mains", "le public provincial est plus chaud", ce genre d'âneries) plutôt qu'à enchaîner les morceaux... Le pire, c'est qu'en dépit de tout ceci, ça reste pas mal, mais on sent qu'ils ne font pas toujours nécessairement les meilleurs choix !
La suite, c'est un genre de retour vers le futur : un alignement de cinq musiciens (batterie, basse et 3 (!) guitares), qui nous jouent un revival 80's, avec voix aiguës, rythmique discoïde, chorégraphies cheap, et des chansons qui oscillent entre simili-Adam Ant ou Flesh for Lulu (pour le meilleur) et pop-rock option hard FM pour le pire... On peut accorder aux Belges le bénéfice d'un côté sympa, de quelques instants mélodiques recherchés, mais dans l'ensemble ça ne suscite guère l'enthousiasme (sauf au dixième degré)... ça tombe bien, leur nom n'apparaît nulle part (non, ce n'est pas Nikki & the Corvettes...), comme ça on pourra les revoir par hasard et vérifier s'ils ont de nouvelles chorégraphies !
Quand on pense musique rock au Japon, les références sont assez limitées : Guitar Wolf, Thee Michelle Gun Elephant, 5-6-7-8, voire Pearl Harbor pour les anciens... La rumeur veut que la nouvelle attraction soit le quatuor présent ce soir ! Les 54 Nude Honeys sont tous de plastique et de cuir noir court vêtus, de l'androgyne batteur en robe à la bassiste en culotte, et font dans le classique : du garage rock, avec option punk ou hardcore par moments, et une chanteuse à la voix stridente qui se démène sur scène, la guitariste faisant un gros boulot également... Bien sûr, elles n'inventent rien, mais l'énergie déployée et la bonne volonté affichée (le batteur gardera la banane tout le set !) compensent le manque d'ambition, et si le CD semble superflu, on peut rester sur l'idée que c'est un bon groupe de scène... tout ce qu'on lui demandait ce soir !
Il s'agit de trouver de la place ce soir, puisque "L'un et l'autre café" est très vite bondé... un concert gratuit le vendredi soir, avec une bière peu onéreuse, ça peut faire recette !
A l'affiche, les (et la) France Cartigny nous proposent de nouveaux morceaux inédits ou rares (vive le vent), des nouveaux morceaux connus (clint eastwood) et des morceaux classiques revisités, sur lesquels Daniel et Sylvain s'amusent et brodent pas mal, pendant que France, coincée derrière sa Cocktail, chante, tient le rythme, oublie parfois les paroles, tient l'auditoire en haleine... le concert se tient en trois parties, à peu près distinctes, et si la batterie est plus présente qu'à la Flèche d'or, on a droit à LA chanson avec France à la guitare sèche (mieux qu'au Rallye Tournelle selon le public)... à quand les deux morceaux à la guitare ?? Nos deux guitaristes continuent de bien s'amuser sur scène, les paroles sont bien compréhensibles l'essentiel du temps, on a droit à un inoubliable changement de t-shirt au milieu du set (il fallait être devant, messieurs-dames !), et seul le couvre-feu empêche le concert de dépasser les 22h10... c'est toujours trop court !
Sans doute y aura-t-il plus de temps le 24 juin à l'Olympic...
Les tests continuent, et comme souvent c'est à la Boule Noire que ça se passe... La salle est bien remplie, les trentenaires se comptent sur les doigts d'une main, la majorité du public est féminine : ça rappelle des souvenirs pas très bons...
Venus d'Aix-en-Provence, les Fickle sont conscients de l'assistance : le quintet ne se prend pas la tête, ne se la pète pas non plus, et désamorce à sa façon la rafale de cris bruéliques en posant les bonnes questions ("qui a plus de 16 ans ici ?", "qui connaît les Ramones ici ?"...). Au programme, du punk-rock mélodique très américain, qui n'invente rien mais se laisse bien écouter, avec un bassiste un peu envahissant, un chanteur à chemise rouge du plus bel effet (ça évite de parler de sa voix...), deux guitaristes très zen et un batteur qui ne laisse pas sa part au chien... C'est parfois bordélique, parfois (involontairement) très drôle (le chanteur fait un joli plat en tentant de slammer sur la foule de petites filles placées juste devant la scène, mais il retentera tout de même l'expérience en fin de set !), occasionnellement énervant (la reprise de blitzkrieg bop serait pas mal si les paroles n'étaient traduites sans force et sans âme !), mais dans l'ensemble ça reste une première partie honnête, qui ne fera pas se relever la nuit mais qu'on ne jettera pas avec l'eau du bain...
A ouïr les cris extatiques autant qu'énamourés qui ponctuent chaque geste du chanteur de Panic at the Disco, on comprend qu'on vient de tomber dans un piège ! Si les premiers morceaux sont un genre de pop-rock assez ciblé RFM, et ne dérangent donc guère les oreilles, cela se corse lorsque le chanteur s'installe derrière son piano... La révélation est soudaine : ces quatre mignons veulent recréer le mythe de Queen, et ils font tout pour nous faire croire qu'ils en sont capables, mais ils ont des légers handicaps : le chanteur n'a qu'une voix passable (on peut reconnaître quand même que Mercury avait un talent vocal certain), les musiciens jouent sans beaucoup de talent, et les mélodies ne sont entêtantes que pour les enfants... On a donc droit à une vraie bonne grosse dose de soupe, avec une reprise supposée de Robbie Williams (le bon goût persiste !), et la fin du concert est un vrai soulagement ! Au final, on peut penser que l'alternative est simple : au mieux (pour eux) ils deviennent un genre de Duran Duran qui aura sa cohorte de petites filles à chaque concert, au mieux (pour nous) on n'entend plus parler d'eux dans 3 mois...
On croit se retrouver 40 ans en arrière lorsque les Shades envahissent la scène de la Maroquinerie ce soir : les cinq sont tout de blanc vêtus, bien propres sur eux, et on se demande s'ils ne vont pas reprendre les Herman's Hermits tant ils semblent prêts à tout pour se faire de la publicité... Bon, ils sont loin de Franck Alamo(quand même !), mais on ne peut pas dire qu'ils soient aussi évolués que leur mentor JW Thoury pourrait l'espérer : on est à des années -lumières de Bijou ! La musique est d'une platitude rock à la française des 60's, les paroles sont pseudo-ésotériques à la mords-moi-l'amas-tissulaire-globuleux, le clavier est près de pleurer quand il s'aperçoit qu'il a des problèmes de retour... C'est chiantissime, ça fait partie des groupes fétiches de Rock&Folk, ça promet pour les premières parties des Wampas et des Stooges !
Le rock portugais reste assez confidentiel (Legendary Tiger Man, je crois, mais après ?), mais les choses pourraient bien changer ! Car ce soir, Wraygunn nous a prouvé qu'il fallait écouter ce qu'il se passe chez les Lusitaniens... Ils sont sept, un percussionniste, un bassiste, un chanteur-guitariste, un claviériste-scratcheur (qui finira bien imbibé et totalement nu), un batteur et deux admirables chanteuses, autant dire qu'ils prennent de la place ! Et on comprend assez vite où ils veulent nous emmener : ça commence très soul, et ça accélère très rock, avec des voix variées, des rythmes variés, des sons variés... Les influences sont à la fois très Stax (reprise du i've been lovin' you too long), très rock (reprise du you really got me des Kinks), en ajoutant du blues option bayou... on pense aux Cramps, au Gun Club, bref ça bouge bien, et le groupe semble autant s'amuser que le public ! Quand on saura que le concert se termine sur une admirable version du my generation des Who qui laisse chacun pantelant, on pourra estimer que les quelques manques entrevus en cours de set n'étaient que pinaillage, et ce concert permet d'oublier la malencontreuse soirée de mardi !
Comment croire que le Point Éphémère serait complet en ce samedi soir de long week-end, alors que l'affiche ne comporte que des inconnus ? La pluie a dû inciter du monde à rechercher le bruit...
Ca commence par un trio : une guitare, un clavier, un micro, dans lequel le préposé ne chante pas, mais en alternance hurle et parle, sans que l'une ou l'autre forme de communication ne s'avère intelligible, d'autant que les textes sont essentiellement en anglais et qu'il mange le micro quand il s'en sert... La musique de Cheveu est bruitiste, assez incohérente, et si elle plaît à une partie des jeunes présents, c'est qu'ils n'ont pas connu les groupes innovants il y a vingt-cinq ans... Autant dire que si ce n'est pas nécessairement insupportable, ça manque surtout du moindre intérêt, et c'est plus de la musique prétentieuse qu'autre chose !
La suite change du tout au tout : Crash Normal est un quintet, qui joue un genre de rock-garage plutôt sympa, avec un chanteur qui laisse souvent la place à son acolyte féminine énervée, et si on regrette (évidemment !) de trop entendre le clavier, l'ensemble est bien efficace, et permet d'oublier le premier groupe, ce qui est vraiment appréciable !
Grosse déception que la venue de Volt sur scène : si le trio est gentil (je devais contractuellement le dire...), leur électro-rock n'est que très rarement attirant ! La tigresse à guitare ne parvient pas à faire entendre sa voix, le chanteur en titre encore moins, et le clavier nous fait parfois régresser jusqu'à une new-wave putassière de mauvais aloi... Même les DJs entre les groupes étaient plus intéressants !
On termine par un petite dose d'Intelligence, qui est un quartet bien rock : une vraie batterie, deux guitares, une basse, et une musique à l'avenant... Avec la drôle de voix du chanteur, qui rappelle étonnamment celle de Mark e. Smith, on pense aux deux premiers albums des Fall, en légèrement plus énervés, et on regrette encore plus d'avoir dû se fader les premières parties ! La bonne nouvelle, c'est qu'on quitte la salle sur une bonne note... bien calculé donc !
Grosse affluence ce soir au Zénith, avec prépondérance des anciens, connus (Berroyer, Rego, Manoeuvre...) ou simple fans de quelque heure que ce soit... Le tarif (42 euros) n'a pas réussi à rebuter tout le monde !
J'ai beau lire Rock&Folk, il y a un certain nombre de choses que je ne comprends pas dans le magazine : l'adulation dont le pitoyable Eudeline fait l'objet en fait partie, et la volonté de pousser de jeunes groupes loin d'être intéressants également... Car si les Brats n'avaient pas été imposés ce soir, il n'y aurait pas eu grand monde pour venir les chercher ! Explications ? Le trio réussit tout au long du set à : 1. perdre le rythme 2. jouer faux 3. n'avoir aucune mélodie 4. avoir un "chanteur" qui chante faux (on en connaît d'autres, je sais...) 5. avoir un chanteur qui hurle pour se faire entendre 6. avoir un chanteur qui ne se fait pas comprendre 7. avoir un chanteur qui rate le micro une fois sur deux (remarquez, ça nous évite de l'entendre...) 8. avoir un guitariste qui nous propose des solos sans doute piqués à un concours de "air guitar" 9. snober le public, en laissant clairement entendre qu'il ne mérite pas le groupe... Même le 21 juin on trouve rarement autant de médiocrité réunie... Bref, je peux le dire, j'ai enfin trouvé LE groupe pire que René Binamé, messieurs-dames ce soir nous avons eu droit à la purge du siècle !
Heureusement que la suite permet d'oublier cette affreuse chose : arrivé torse nu et chaud-bouillant, Iggy, accompagné de ses Stooges, est là pour tout remettre à plat... Les frères Asheton sont à la fois calmes et diaboliquement efficaces, Ron sortant des sons inouïs de sa guitare et Scott assurant tel un métronome derrière ses fûts, Mike Watt est un bassiste d'une lourdeur hyper appréciable, et Steve McKay utilise son saxophone tel une guitare... un groupe monstrueux, avec un son tout à fait correct, ce qui est à noter ici ! Pendant ce temps, Iggy Pop est fidèle à lui-même : le boiteux magnifique ne cesse de gesticuler, de haranguer le public, de sauter dans la fosse, de sautiller... une vraie pile électrique, dont on a du mal à imaginer qu'il frise la soixantaine ! Bien sûr, la set-list ressemble au festival de l'été dernier, puisque le groupe n'a sorti que 3 albums, et qu'il renie le dernier... Mais quand les deux premiers albums incluent des tubes tels que 1969, i wanna be your dog, 1970, tv eye ou no fun, on peut oublier search & destroy, non ? En ajoutant un morceau de "skull ring", on se retrouve avec 75 minutes très denses, et si on aurait bien aimé faire durer le plaisir, on se dit qu'on vient de passer un rare moment !
Match retour concernant les groupes Rock&Folk ce soir au Zénith : il y avait un sacré déficit à rattraper après la prestation désastreuse des Brats lundi !
Visiblement, l'horaire prévu a été anticipé, puisque les Second Sex ne seront vus et entendus qu'un petit 1/4 d'heure... Il faut bien avouer qu'en six mois, ils ont fait des progrès étonnants ! Le rock'n'roll assez classique du quatuor est plutôt efficace, et les (très !) jeunes gens ont compris qu'il vaut mieux miser sur une bonne musique que sur une bonne attitude... On a donc droit à de vrais et bons morceaux, et il y a peu de poses arrogantes, les enchaînements sont assez réussis, bref c'est un groupe à suivre s'il continue sur cette piste !
En ce qui concerne les Naast, on peut être plus dubitatifs... Le quatuor a remplacé la basse de leurs jeunes collègues par un orgue, et si on a droit à de gentils morceaux, ça frise parfois la bouillie indigeste, et surtout leur rock plutôt psychédélique me fait immanquablement penser à "Amicalement vôtre"... De la musique de série donc, chantée (et réellement articulée) en français, mais l'essentiel du groupe n'est-il pas le cuir à moumoute du chanteur ? Ca reste décevant, et leur départ est largement apprécié...
Arrivés sur scène avec les bottes rouges en version reggae, les cinq Wampas entament les hostilités avec un ce soir c'est noël bien troussé, et vont ensuite alterner titres récents et classiques avec un bonheur égal, de tokyo yaki à rimini en passant par oï, les îles au soleil ou chocorêve (version accélérée), les deux tubes manu chao et chirac en prison déchaînant plus encore la foule amassée dans la fosse... Les problèmes techniques ne font qu'exciter Didier, qui en fracasse sa guitare de rage, mais rien ne peut entamer sa dose de folie : ni la difficulté à tenir debout sur une chaise portée par les spectateurs (ce sera ensuite sur un genre de baril), ni les pincements mal placés lors des slams ne peuvent l'arrêter ! S'il se pose une question essentielle ("que faire d'inédit pour ce concert particulier ?"), il remontera jusqu'en haut des gradins sur kiss, puis reviendra dans la fosse pour faire asseoir tout le monde sur vie, mort et résurrection d'un papillon... Quand on ajoute un duo avec un kévin sur j'ai avalé une mouche, et une bonne centaine de demoiselles sur scène pour le mix où sont les femmes/petite fille, on arrive au bout d'1h50 avec la certitude que chacun de leur concert est excellent, et qu'ils sont encore loin d'être un groupe "qu'on a déjà vu"... il faut continuer à aller les voir ! Seul bémol : les plus beaux t-shirts ne se font qu'en taille fille, snif...
Petite assistance ce soir à la Guinguette Pirate, mais l'ambiance est assurée par les spectateurs très motivés...
Le set de Marousse se déroule en deux parties, alternant morceaux du nouvel album "qui peut sauver la reine ?" et morceaux plus anciens (essentiellement issus du précédent "hara-kiri"), dans une alternance de rock, de ska, de reggae, de morceaux plus calmes... Le nouveau guitariste assure pas mal, même s'il doit avoir un background plutôt métallique, le clavier d'Arto n'est même pas énervant, et la toujours sculpturale Marina a conservé une présence scénique assez impressionnante : une pêche d'enfer, une volonté de faire participer le public (elle recrutera d'ailleurs ses futures choristes dans la salle), mais aussi (surtout ?) des capacités vocales bluffantes !
Si le dernier album surprend par son tempo général plus lent, les morceaux passent dans l'ensemble bien le cap de la scène, et la péniche n'est pas uniquement en mouvement par les vagues, mais également par le public en train de danser...
Les (habituelles) reprises sont étonnantes : emmenez-moi ferait ressusciter Aznavour (ah bon, il n'est pas mort ?), pour un flirt rendrait presque Delpech honorable, et respect est un bel hommage reggae à la précarité de la condition féminine... Bref, un bon concert, et dès qu'ils rejouent à Paris j'y retourne !
La Guinguette Pirate était bien plus remplie qu'hier soir, avec une bonne proportion de petit-bourgeois en train de faire la noce, et une représentation féminine largement au-dessus de la moyenne, sans d'ailleurs voir un lien entre les deux...
En vingt ans, les Ricky Amigos sont passés du flamenco-rock à l'hispano-rock, en ayant une forte tendance à omettre la deuxième partie : le trio (basse-percussions-guitare) fait plutôt dans les musiques latines, du flamenco à la rumba, en passant par les sons très gypsy omniprésents... autant le dire tout de suite, j'attendais un concert un peu plus musclé ! Pendant plus de deux heures, il y a alternance de morceaux du dernier album et d'albums plus anciens, en remontant aux classiques du début "loco loquito", tels luis fernando, loco loquito ou cobarde... S'y ajoutent un certain nombre de reprises, parmi lesquelles un (très long) tequila, et deux superbes versions de toulouse et le cinéma (de Nougaro), et une période du concert qui se transforme en cours de danse, en testant le madison, le rock, la rumba et la valse... la Guinguette mérite alors bien son nom, on a presque l'impression d'être à un bal où le public commande les morceaux (un anniversaire, une reprise...), et c'est donc dans cette drôle d'ambiance que tout se termine... Bref, c'était un concert sympa, même si je ne le renouvellerai pas trop régulièrement...
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